Fathi Doghri : «Fil» tragique en filigrane…





Son nouveau né est baptisé Fil brisé, un court métrage tiré d’une histoire vraie...

Quand on l’a croisé il y a, à peine un mois et demi, c’était dans un bistrot de la capitale. Nous avons eu une petite causerie sur son projet en cours qui l’a retenu quelques jours dans sa Tunisie natale. Il était sur Fil brisé, un court métrage de 17 minutes qui va passer prochainement et en avant première sur ARTE dans l’émission dédiée au CM, appelée Court circuit de jeudi soir. Puis dans les Journées du Court métrage en Tunisie, une manifestation printanière.
En octobre dernier, on ignorait encore que Fathi Doghri, car c’est de lui qu’il s’agit a «accompagné un petit peu et dès le début et jusqu’à quasi la fin, la mise en forme et la délivrance de ‘‘Baba Aziz’’», un des trois longs métrages tunisiens sélectionnés dans les JCC 2006 qui vont se dérouler du 11 au 18 novembre. Pour revenir à «Al Khattou al maqtouû» ou Fil brisé, Fathi Doghri — qui l’a tourné en trois jours entre les 3 et 5 de ce mois et dont il va fêter cette naissance avec ses complices à Dar El Béhi dans la Médina de Tunis le vendredi 10 novembre —, n’a pas été avare en confidences. «Il s’agit d’un court métrage. Une histoire vraie qu’a vécue une étudiante qui vient de perdre une amie qui lui est chère, qui plus est à la fleur de l’âge, à 18 ans et dans des conditions dramatiques lors d’un accident de la route. A partir de ce malheureux événement, on a écrit un scénario enrobé de fiction. Pour l’écriture, c’est Azza Saâdi, une jeune emballée par le cinéma et qui possède déjà le secret et la prétention dans l’écriture romanesque et nouvelliste. Mais pas encore très confirmée dans le scénario. D’où l’enjeu de cette formation. Je suis là pour ce passage du réel, comptant sur sa belle plume, à la fiction. Mon premier rôle est donc d’initier à l’écriture de base», nous a-t-il notamment raconté. Qu’avez-vous choisi comme acteurs ? D’où avez-vous extrait la musique ? Où tournez-vous ce court métrage ? Réponse de notre producteur : «Pour le casting, j’ai préféré avoir dans l’équipe et au complet des femmes à l’état brut n’ayant jamais figuré, mais des jeunes et passionnées. J’ai confié le casting à Béchir Gribaâ qui, dans le champ estudiantin, a trouvé trois fines fleurs. Elles sont trois étudiantes dont on vient de découvrir le talent. Les Raya Bouâllègue, Yosr El Ghali et Wafa Ammari ont répondu à nos attentes. Quant à la musique du générique, elle appartient à Camille, une jeune chanteuse française montante. Pour le lieu du tournage, on n’a pas cherché midi à quatorze heures. Et on n’a pas trouvé mieux que chez Azza à la Cité Ennasr. Le décor de la cuisine, la chambre des filles et autres riment bien avec le contenu de ce film et lui donnent les couleurs et l’étoffe qu’il faut».
Qui est Fathi Doghri ? Son parcours est assez particulier. Après son bac en 1982, il s’est envolé à Paris pour faire ses études à l’IDHEC (Institut des Hautes Etudes cinématographiques), actuellement La FEMIS (Fondation des études des métiers de l’Image et de Son).
Trois ans de formation, de stage dans le tournage et la télé, Fathi Doghri s’est trouvé une place au soleil de M6. C’était avec ce genre nouveau de clip-vidéo qui fait encore tabac dans les chaînes de télévision de par le monde. Lui, il a vu des jours merveilleux pour notamment illustrer le hip-hop. Plus tard, l’idée de monter ses propres projets l’a travaillé. Ainsi Production 56 voit le jour à Paris. Dans sa boite, six courts métrages dont Faux Semblant de six minutes, du genre vampire. Sa maison âgée de seulement six ou sept ans se veut spécialisée dans le documentaire. Déjà, il a effectué un boulot pour Médecins sans frontières avec Biqa. C’était dernièrement à Baâlbek au Liban. D’autres travaux Trophée Mondial de DJ, une production de l’événement artistique du 21 mars 2004 avec DMC à la Coupole d’El Menzah lors de la fête de la Jeunesse. Puis Créateurs Ailleurs, une série de 15 portraits d’artistes tunisiens vivant à l’étranger. Il y a aussi le documentaire de «Sidi Amor Abada», «Le Contrat» et autre «Transit» encore sur le bureau d’étude au ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine et qui attend d’être subventionné. Sur la qualité de notre cinéma, une question qui brûle actuellement toutes les lèvres de nos cinéphiles, Fathi Doghri pense à haute voix : «J’estime qu’on n’a pas encore d’acteurs de cinéma. Ils sont tous formés dans le théâtre et ça n’a rien à voir avec l’art de l’image. Le cinéma, c’est l’acteur qui en est la matière première».

Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com