CAPES : La grande chasse à la perle rare…





Quelque 58 mille candidats participent depuis hier au concours d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire. Beaucoup d’entre-eux gardent l’espoir de dénicher la «perle rare». Certains versent cependant dans un pessimisme qui prend des allures défaitistes. Reportage

Tunis - Le Quotidien
Lycée secondaire Bab El Khadra, il est 11 heures tapantes. Une douzaine de jeunes s’attardent dans le hall. Ce sont des candidats au concours d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire (CAPES) qui viennent de quitter les salles des examens. Ils s’attardent pour humer un peu d’air frais et décrisper leurs nerfs. Ils sont tous des diplômés en arabe et en philosophie.
Adossé au mur, Adel regarde nerveusement sa montre toutes les deux ou trois minutes. Il attend ses copains retardataires. Ce diplômé en langue et lettres arabes participe au concours pour la 3ème fois. «La chance n’a pas été avec moi mais je continuerais à lui courir après. A vrai dire, je n'y crois pas trop. Comme d’habitude, le nombre des candidats devrait être plusieurs dizaines de fois supérieur à celui des postes disponibles», s’agace-t-il amer. Tout compte fait, Adel n’a pas vraiment tort.
D’après les estimations de ses copains, plusieurs milliers de diplômés en arabe devraient postuler pour 240 postes. Il n’empêche que ce candidat garde l’espoir. «Un jour, souhaite-t-il, le ministère de l’Education, pourrait prendre en considération les années d’ancienneté des candidats à ce concours devenu notre bête noire. Dans ce cas j’en tirerais un avantage». En attendant son jour de chance, Adel exerce en tant que serveur dans un café de la place moyennant un salaire modeste qui lui permet d’éviter de tendre la main à ses parents.

Loterie
Les minutes s’égrènent très vite. Le petit hall du lycée aménagé pour la circonstance en centre d’examens est plein comme un œuf. Ça jase. Ça papote. Ça chuchote dans les coins. Mansoura, une autre diplômée en langue et lettres arabes, vient de quitter la salle des examens totalement, lessivée. C’est la 8ème fois qu’elle participe au concours. Ses camarades l’ont surnommée «l’ancienne combattante». Engoncée dans un manteau en laine, une écharpe rose couvre à moitié ses cheveux, Mansoura avoue qu’elle ne participe au concours que pour faire plaisir à son mari. «Le CAPES est devenu ma hantise. Je suis presque convaincue que cette année aussi je ne tirerais pas le bon numéro dans cette loterie», dit-elle, un brin je-m’en-foutiste. Défaitisme? Manque de confiance en soi? «Ni l’un, ni l’autre», rétorque «l’ancienne combattante» qui commence à douter du fait que le mérite constitue l’unique critère de réussite. Maîtrise en poche, Mansoura s’est, plusieurs années durant, triturée les méninges pour créer un projet. De nombreuses idées ont germé dans son esprit mais à chaque fois elle se heurte au même obstacle: l’autofinancement, soit au moins cinq mille dinars. Une somme faramineuse pour elle. Aujourd’hui, elle a abdiqué.

Espoir
Contrairement à beaucoup de ses camarades, Jamila K. se fie à son sixième sens «Cette fois-ci je sens que je vais enfin dénicher la perle rare après quatre tentatives infructueuses», indique-t-elle, laconique. Toujours est-il que cette candidate aimerait connaître tout sur le barème et recevoir sa copie après la correction. Le concours qui constitue l’unique moyen d’accès à la profession d’enseignant dans les collèges et les lycées secondaires se poursuivra jusqu’à dimanche prochain. Au total 3175 postes se rapportant à 21 matières sont disponibles. La part du lion revient à l’informatique avec 1350 postes, talonnée par l’anglais avec 856 postes. Viennent ensuite le français et l’arabe avec respectivement 360 et 240 postes.

Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com