Démission de Rumsfeld : Bagdad se réjouit





Pluie d'obus sur un quartier sunnite de la capitale

Un quartier sunnite a été la cible de violentes attaques au mortier dans la nuit à Bagdad, tandis que les violences se sont intensifiées depuis 24 heures en Irak dont les responsables affirmaient hier ne pas regretter le départ du secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld.

Le Quotidien-Agences
Hier matin, ce sont 27 Irakiens qui ont été tués et 68 blessés dans cinq attentats qui ont frappé la capitale touchée dans la nuit par plusieurs dizaines d'obus de mortier dans le quartier sunnite d'Adhamiyah.
"Plus de 50 obus sont tombés sur le quartier tout au long de la nuit, surtout près de la mosquée Abou Hanifa. Beaucoup de maisons ont été endommagées", a témoigné Marwan al-Adhami, propriétaire d'un supermarché à Adhamiyah (nord-est de Bagdad).
Selon la police irakienne 16 personnes ont été tués.Dans un communiqué, le bureau du Premier ministre, Nouri al-Maliki, s'est contenté de dénoncer ces attaques, attribuées à des "extrémistes sunnites".
Dans le sud du pays, 12 Irakiens dont deux soldats ont été tués et trois autres blessés dans l'explosion d'une bombe près d'Amara, à 365 km au sud de Bagdad.
Les violences ont redoublé d'intensité au cours des dernières 24 heures, après la levée du couvre-feu imposé dimanche, jour du verdict dans le procès de Saddam.

Sans déplaisir
Aux Etats-Unis, ce verdict n'a pas été suffisant pour enrayer la déroute des républicains qui ont perdu la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat. Une défaite qui a causé la démission du secrétaire d'Etat à la Défense Donald Rumsfeld.
De nombreux hommes politiques irakiens ont accueilli cette nouvelle sans déplaisir, même s'ils doutent que cette démission soit le prélude d'un changement radical de la politique américaine en Irak.
"Cette démission est bien tardive. Elle aurait dû se produire dès la révélation du scandale d'Abou Ghraib au printemps 2004", a estimé l'influent députe kurde Mahmoud Othman, en allusion aux révélations de sévices infligés aux prisonniers par des soldats américains dans cette prison à l'ouest de Bagdad, qui avaient provoqué un immense scandale.
Pour le député sunnite Salah Motlaq, un adversaire résolu de l'invasion américaine, cette démission témoigne d'"une prise de conscience".
"Tout ce qu'a fait Rumsfeld en Irak était contraire à l'éthique et au comportement humain, et ne reflète pas la politique d'un pays civilisé comme les Etats-Unis", a-t-il jugé.
"La politique américaine en Irak est un prolongement des erreurs commises par Rumsfeld qui a permis le renforcement des milices et une multiplication des ingérences régionales", a-t-il ajouté. "J'espère qu'une nouvelle politique verra le jour".
Mais pour le député chiîte Jalal al-Din al-Saghir, membre du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak, "la politique américaine ne change pas lorsque le titulaire d'un portefeuille est remplacé. L'Amérique suit toujours son intérêt national".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com