Après la victoire démocrate : L’Amérique attend du changement sur l’Irak





Après la victoire de l'opposition démocrate aux élections parlementaires, les Américains attendent un changement de politique sur l'Irak, la démission du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld étant perçue comme un premier pas dans cette direction.

Le Quotidien-Agences
Confronté à une cohabitation difficile avec les démocrates pendant les deux dernières années de son mandat, George W. Bush s'est dit jeudi "ouvert à toutes les idées et toutes les propositions" sur l'Irak.
Quelques jours avant le scrutin, le président américain défendait encore fermement sa stratégie actuelle. "Notre objectif en Irak, c'est la victoire", proclamait-il.
Et il accusait les démocrates, qui appelaient à un changement de cap, de n'avoir aucun plan de sortie et de vouloir retirer piteusement d'Irak les quelque 150.000 soldats américains en abandonnant les Irakiens à leur sort.
"L'Irak constitue le front central de la guerre contre le terrorisme", ne cessait de répéter le président, qui refusait d'évoquer un changement de politique, préférant envisager des "ajustements" tactiques.
La défaite de son parti, qui a perdu le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat, a marqué l'échec de cette stratégie qui consistait à lier le dossier irakien à la "guerre contre le terrorisme" et au réseau Al-Qaïda.
"Je pensais que (...) les Américains comprendraient l'importance des impôts et l'importance de la sécurité", a expliqué Bush au lendemain du scrutin.
La première sanction est immédiatement tombée. Bush s'est séparé de son très controversé secrétaire à la Défense, symbole de l'échec irakien et dont la démission était réclamée depuis des mois par les démocrates et plusieurs généraux à la retraite.
Mais Bush s'est gardé de parler de changement de cap en Irak, préférant évoquer la nécessité d'une "nouvelle perspective".
Le remplaçant de Donald Rumsfeld, Robert Gates, ancien directeur de la CIA (sous la présidence de George Bush père au début des années 1990), est présenté comme un pragmatique, capable d'écouter les conseils des militaires. En quelque sorte l'antithèse de son prédécesseur, accusé d'arrogance et d'autoritarisme.
Sa priorité sera le dossier irakien, sur lequel il sera jugé. "Le départ de Rumsfeld doit être suivi par un changement majeur de politique pour pouvoir ramener les troupes américaines à la maison sans laisser derrière elles une catastrophe", écrivait le New York Times dans un éditorial.
Robert Gates fait partie de la commission spéciale sur l'Irak présidée par un autre proche du père de l'actuel président, l'ancien secrétaire d'Etat James Baker, et composée de cinq républicains et cinq démocrates.
Selon les informations qui ont filtré il y a quelques semaines, cette commission pourrait proposer des changements majeurs dans la stratégie américaine, dont un retrait graduel des troupes américaines et des discussions avec l'Iran et la Syrie, pays voisins de l'Irak.
Les conclusions de cette commission sont attendues dans les semaines à venir un peu comme une planche de salut par l'administration Bush, mais beaucoup d'experts sont sceptiques sur les chances de succès rapide, quelle que soit l'option choisie.
Accusé ces derniers mois au Congrès d'avoir une vision trop "rose" de la situation en Irak, Donald Rumsfeld a reconnu le manque de progrès dans ce pays au lendemain de l'annonce de sa démission.
Il a expliqué les difficultés de l'armée américaine par son manque d'"expérience" pour affronter "des extrémistes violents qui n'ont pas d'armée, de forces navales et aériennes, et qui opèrent dans l'ombre".

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Bolton, un premier test pour Bush

Le président George W. Bush a renvoyé au Sénat la nomination de John Bolton comme ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies, malgré les critiques contre son action et le risque d'un nouveau refus de confirmation par le Congrès, a annoncé la Maison Blanche.
L'intention est à l'évidence d'obtenir sa confirmation par le Sénat tant que la majorité républicaine est encore en place et avant que la nouvelle majorité démocrate élue par les élections de mardi ne s'installe en janvier.
Mais la confirmation de ce néo conservateur critiqué jusque dans les rangs républicains est tout sauf acquise. Les démocrates ont immédiatement vu dans la décision de Bush le désaveu des promesses faites depuis leur victoire aux élections parlementaires de mardi.
Bush a été contraint de nommer Bolton par décret en août 2005, devant les réticences suscitées par sa personnalité et l'impossibilité de surmonter les manoeuvres d'obstruction de l'opposition démocrate.
Mais une telle nomination n'est valable que le temps de la législature en cours. Pour être reconduit, Bolton doit à présent être confirmé par le Sénat.
Selon ses détracteurs, Bolton est mal placé pour représenter les Etats-Unis aux Nations unies. Ils lui reprochent ses vives critiques contre l'ONU et même son mépris passé, selon eux, pour la coopération internationale.
Celui-ci s'est manifesté, disent-ils, quand il était sous-secrétaire d'Etat (2001-2005), par son opposition farouche à la création de la Cour internationale de justice, ses efforts pour faire échouer une conférence sur les armes bactériologiques, mais aussi son rôle trouble dans la justification de la guerre en Irak.
Un adversaire résolu de Bolton, le sénateur démocrate Chris Dodd, a dénoncé l'initiative de Bush comme une manœuvre qui "semble indiquer qu'il n'a pas parfaitement entendu la voix de l'opinion publique américaine". "Le président doit immédiatement reconsidérer cette nomination", a-t-il dit.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com