«Indigènes» en ouverture des J.C.C 2006 : A la mémoire des oubliés de la guerre





Dédié à la mémoire de ceux qui se sont battus pour la libération de la France «Indigènes» sera projeté, ce soir, sur l’écran de la salle «Le Colisée». Un grand film qui va marquer aujourd’hui la cérémonie d’ouverture de la 21ème édition des Journées Cinématographiques de Carthage.

Réalisé par l’Algérien Rachid Bouchareb, «Indigènes» est le film de l’année par excellence. Son succès au Festival de Cannes 2000 en donne une preuve éclatante. Coproduit par la France, le Maroc, l’Algérie et la Belgique. Ce film a suscité un grand débat sur le sort peu envieux de tous ceux qui se sont sacrifiés pour la France et qui n’ont récolté que de maigres subsides pour leur engagement libérateur. Projeté en avant-première, lors de la précédente session du Festival de Cannes 2006, ce film a glané la Palme d’or du meilleur interprète masculin et surtout l’admiration des critiques qui ont salué l’audace et le professionnalisme de Rachid Bouchareb et de ses comédiens. Saïd, Messaoud, Abdelkader et Yassine sont ces héros oubliés de l’histoire de la France... Comme d’autres ces milliers de soldats africains et maghrébins, estimés à 130 000 combattants, qui ont été obligé de faire la guerre et d’être aux premiers rangs de l’armée française en prise avec «l’ennemi nazi». Pour tisser cette histoire amère de ces quatre jeunes qui se sont trouvés dans l’obligation de défendre une terre française occupée par l’armée allemande, Rachid Bouchareb a invité des acteurs maghrébins qui émergent actuellement dans l’hexagone. Il s’agit de Sami Bouajila, Rochdi Zem, Sami Nassri et Jamel Debbouze. Un quatuor qui a réussi à s’imposer. Le réalisateur de cette production connaît bien les grands enjeux socio-politiques et même artistiques qui entourent ce genre de fiction. Raison pour laquelle, il a invité ces comédiens d’origine maghrébine qui peuvent bel et bien transmettre la charge émotionnelle de ces jeunes dans cette période délicate de l’histoire de la France. Mais aussi de leur propre histoire. Comment peut-on défendre le colonisateur?
Faut-il rappeler que ces jeunes qui se sont engagés dans l’armée française viennent des colonies françaises en Afrique? Dans ce film, Rachid Bouchareb a posé toutes les questions d’ordre psychologique et social pour s’interroger sur le destin de ces combattants. Pour devoir de mémoire, le réalisateur de ce film n’a pas manqué de rappeler aux dirigeants Français que c’est grâce à ces milliers de jeunes africains et maghrébins que la France a recouvré sa liberté. Une invitation directe et intelligente pour réfléchir sur le destin de ces héros oubliés par la France . «Indigènes» est un hommage émouvant à ceux qui ont contribué à l’indépendance de la France, à ces hommes qui se sont sacrifiés sur l’autel de libération de ce pays. Un message qui «n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd» puisqu’il est à l’origine des récentes mesures prises par le gouvernement français qui a décidé de réviser à la hausse l’allocution servie aux anciens combattants.
Un film courageux qui a éveillé les consciences et qui a ouvert un grand débat à Cannes. D’ailleurs, c’est pour la première fois qu’on attribue un prix à cinq comédiens et d’une manière collective. Projeté pour la première fois à Tunis après sa sortie française le 27 septembre dernier, ce film va relancer le débat sur cette page commune de l’histoire.

Imen ABDERRAHMANI

________________________


Dans les coulisse

Pas prête
Vingt quatre heures avant le démarrage officiel de la 21ème édition des Journées Cinématographiques, la salle «Le Colisée» n’est pas encore prête pour accueillir ce grand événement culturel. Des échelles par-ci, des marteaux par-là, le chantier n’a pas encore pris fin... C’est l’urgence à la tunisienne!

Premiers arrivés
Les artistes syriens sont les premiers à débarquer en Tunisie pour prendre part à cette nouvelle session. La Syrie sera présente à travers une pléiade de films parmi lesquels: «Relations publiques» de Samir Zikra, «Derrière les visages»de Aymen Orsan, «Le lavage» de Hichem Al Zouki, «Sous le toit» de Nidhal Al-Dibs, «Le pingouin» de Fajr Yacoub, «Je suis celle qui porte les fleurs sur sa tombe» de Héla Abdallah et «Ammar Al Beïk et «Le conte de la pluie» de Maher Salibi. Ces films, longs et courts métrages, représenteront la Syrie dans les différentes sections du festival.

Absence forcée
L’artiste égyptien Nour Chérif ne sera pas présent à la cérémonie d’ouverture qui aura lieu ce soir. Une information qui a été annoncée, lors de la conférence de presse donnée lundi et qui se confirme jour après jour. Souffrant de quelques problèmes de santé, Nour Chérif s’est rendu en Suisse pour y consulter les médecins avant de venir en Tunisie.

Figure connue
Léon Imunga Ivanga est l’une des figures connues des J.C.C. Invité à plusieurs reprises, cet artiste gabonais connaît bien les ambiances tunisiennes.Cette année, il revient avec «Ombre de Liberty», un film qui sera projeté dans la section de la compétition officielle des longs-métrages.

I.A.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com