Pino Ingrosso : Bellissimo amore…





Un petit coup de musique, un petit coup de a capella, un petit coup de théâtre et un coup de chapeau pour finir une soirée généreusement ponctuée de drôlerie, d’espièglerie avec une amourette parisienne : «Appari, Appari, appari... i. i... A Paris. A Paris».

Dans «Serenate Sincere», Pino Ingrosso et ses artistes, les Nando Di Modugno (guitare), Stefano Indino (accordéon) et Massimiliano Pischedda à la contrebasse ont donné à voir et à écouter de bon au bon public du 24ème festival de la Médina qui s’est déplacé lundi dernier en assez grand nombre au Théâre Municipal de Tunis.
C’était donc sur la sérénade. Et la soirée organisée en partenariat avec l’Instituto italiano di cultura nous a fait penser à D’Annunzio et à ses héros rythmant ses écrits et poésies avec tant de raffinement. Une sérénade dit-on qui a inspiré des générations de poètes et de musiciens à travers les siècles. Car, rares sont les artistes qui résistent au charme de la chanson d’amour. Et ça date depuis... toujours. D’ailleurs, elle était bien en vague au 12ème siècle, voire le 13ème en Europe. Pino Ingrosso en est un. Musicien, on l’a vu exceller avec sa guitare. Chanteur, il a une voix de... tonnerre, (pardon, j’ai voulu dire qu’il est tenor) et il n’est pas un inconnu pour le public tunisien. On l’a déjà vu en 2003 avec son concerto Fotogramma et il ne passe pas inaperçu ni à la télé, ni dans les films, ni dans le spectacle Opera, ni quand il était à côté de Beppe Barra ou encore quand il a tutoyé Nicola Piovani au théâtre de Satiri de Rome dans le spectacle Canti di scena. On dit de lui qu’il est «une vraie force de la nature». C’est vrai, il l’est cet Italien de pure souche. Ne se contentant pas de nous faire connaître le texte musical, Pino Ingrosso nous met carrément dans les ambiances de la sérénade et il nous fait voyager... avec la complicité de la lune.
Avec Mal di luna, I te vurria vasà, Torna Maggio, A vucchella, Affaccete, Nunziata, Nina se voi dormite, c’era na vorta, Por una cabeza, Lulu, Parlami d’amore Mariù, Serenata sincera, A Nina, Historia de un amor... et autres, Pino nous a fait découvrir l’Italie des amoureux... pendant les interminables nuits. Mais aussi ceux de l’Espagne, de l’Allemagne et j’en oublie.
Nous avons au début fermé seulement les yeux et le spectacle est là. A Sardaigne, à Milano, à Naples, à Venise ou encore à Rome depuis les temps de César et sa grandeur, sous la fenêtre ou le balcon de la bien-aimée, un amoureux blessé dans son être et qui chante le chagrin, le mépris, l’indifférence, la souffrance... C’est émouvant, et plaisir à souhait. Puis d’ouvrir les yeux et voir ce que fait Pino sur scène. En redingote (comme un pingouin) ou en complet et son nœud de papillon à ajuster très souvent ou encore en enfilant son chapeau de paille ou sa chère guitare, Pino, un homme de théâtre averti nous a plongés dans l’histoire et les traditions de la musique de la Botte en construisant sur les cendres des us et coutumes, son label. Son style policé et sa popularité. A voir seulement sa manière de bouger sur scène et cette voix qui sort des tripes avec tant de sincérité, nous (le public) étions saisis. Sans parler de sa drôlerie, espièglerie, interprétation et autres d’humour à la fois léger et profond qui ont ponctué le concert. Un concert très applaudi. Comme le fut au grand théâtre Mancinelli d’Orvieto pendant l’ouverture de la saison théâtrale 2003-2004. Un concert qu’on peut voir tous les soirs... sans se lasser. Bravo l’artiste. Vous êtes vraiment complet. Et nous a comblés.

Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com