Soirées ramadanesques à Ennasr : Ruée vers les salons de thé





Dès le premier jour de Ramadan, les salons de thé et cafés de la Cité Ennasr ont annoncé la couleur. Des veillées quotidiennes jusqu’à l’aube.
Et de la musique aussi jusqu’à 1h du matin en plein milieu d’immeubles d’habitation.

Tunis - Le Quotidien
Cette année aussi, la Cité Ennasr est très animée depuis le premier jour de Ramadan. Les cafés et les salons de thé, car c’est tout ce qu’il y a, attirent tous les jours un grand nombre de clients. Vers minuit, on circule difficilement à l’avenue Hédi Nouira à cause des voitures et des piétons qui occupent la rue. Cette dernière est d’ailleurs incontournable pour les visiteurs qui ne trouvent pas de parkings pour garer leurs voitures quand ils sont motorisés. Les piétons marchent avec difficulté sur les pseudo-trottoirs à cause des terrasses des cafés, surtout que cette avenue n’est pas piétonne et ne pourra jamais le devenir.
A peine l’appel à la prière annoncé que les employés de ces innombrables espaces commencent à installer les tables et les chaises. Les soirées s’annoncent tous les jours très animées. Au beau milieu de ce béton et en l’absence d’une quelconque vue attrayante, les fidèles de la cité se plaisent quand même dans cette ambiance. Pour preuve, ils reviennent chaque soir dans ces cafés qui se ressemblent. Certes, chacun de ces commerces tente de se distinguer par un moindre effort au niveau de la carte. Mais l’atmosphère et surtout les visages sont dans tous ces salons du pareil au même.
A partir de 20h30, on commence à voir les premiers clients. Ceux-ci ne sont pas souvent la cible de ces commerces. Car pendant Ramadan, il faut miser sur la clientèle qui veille sans répit et qui ne jette pas l’éponge.
Chaleur aidant, on afflue alors en décolletés et en dos nus pour respirer l’air asphyxiant de la fumée des cigarettes et des chichas.
Nous sommes dans la rive d’Ennasr I, dans la dernière partie de l’avenue Hédi Nouira allant vers l’Ariana. Plein d’immeubles aussi.
Et une forte concentration de cafés.
Ici, ces salons de thé ne sont nullement dans le devoir de respecter les riverains. C’est l’inverse. Et qu’on le veuille ou pas. Car de toute façon, il semble qu’aucun moyen n’est possible pour imposer le respect des habitants.
L’histoire, c’est qu’un énième café où on s’entasse tous les soirs se croit innovant dans l’animation.
Dès le premier jour du mois sacré, une troupe orientale met l’ambiance des mariages dans ce salon de thé.
Avec un répertoire de “mezoued” et de chansons du fin fond de la Tunisie. le programme se prolonge toutes les nuits jusqu’à 1h du matin. Des fois, exigences du public obligent, on déborde sur ce programme d’un quart d’heure ou d’une demi-heure. Surtout le samedi soir.

Virées
De chez eux, les riverains et voisins de ce café gardent tous les soirs les nerfs solides pour affronter un supplice quotidien. Le comble, c’est qu’on fait comprendre à ces riverains qu’il serait inutile d’essayer de faire tomber cet “empire” particulièrement protégé. Reste à prouver.
En tout cas, un soir, on appelle le poste de police d’Ennasr. On promet alors d’envoyer une patrouille. Le lendemain c’est encore la même chose.
On appelle aussi le fameux 197.
La même promesse au bout du fil. Et le résultat n’est pas différent. Et la troupe de finir son programme à 1h00 comme d’habitude. Entre temps, les gens qui travaillent et les enfants qui vont à l’école n’ont de choix que de suivre la soirée jusqu’à la fin.
Mais les soirées ramadanesques d’Ennasr se poursuivent à des heures encore plus tardives. Il est clair que le climat est en train d’encourager les gens à tuer le temps dans les cafés en sirotant une boisson, dégustant une bouza ou une zriga et tirant dans une chicha. C’est la règle à chaque mois saint. La nuit sert de virées de tous genres et de sorties très hautes en rythmes et en mouvements.

Maryem KADA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com