Nucléaire : L’Iran refuse de céder , Washington menace de sanctions





L'Iran a rejeté explicitement toute suspension de l'enrichissement d'uranium, mettant ainsi un terme à toute solution négociée et ouvrant la voie à des sanctions de l'ONU.

Le Quotidien-Agences
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a déclaré avant hier soir que "l'Iran ne reculera pas d'un pouce au sujet de ses droits légitimes et poursuivra son chemin avec gloire", lors d'un discours dans la province de Téhéran. "Ils [les Occidentaux] ne pourront pas obtenir à travers les négociations ce qu'ils n'ont pas pu obtenir par la menace", a-t-il déclaré en faisant allusion à demande de suspension de l'enrichissement. "L'Iran n'acceptera pas la menace et la force", a-t-il ajouté. "Nous n'acceptons aucune reculade, nous n'accepterons aucune suspension", a dit Abdolreza Rahmani Fazli, l'adjoint du chef des négociateurs du nucléaire iranien Ali Larijani, dans une interview à l'agence Fars.
Le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, qui a mené une série de discussions avec le négociateur en chef nucléaire iranien, Ali Larijani, depuis le 9 septembre, a réagi à ses propos en affirmant que les dirigeants iraniens devaient à présent trancher entre accepter les conditions posées par les Occidentaux pour ouvrir une véritable négociation sur le nucléaire ou voir le dossier transmis à l'ONU. "Nous avons atteint une position commune sur certains points mais nous n'avons pas d'accord sur la question-clé, qui est la suspension des activités [nucléaires] avant le début des négociations", a expliqué Solana devant les eurodéputés. "Au moment où je vous parle, l'Iran n'a pas pris l'engagement de suspendre", a-t-il ajouté. Les six grandes puissances impliquées dans les négociations avec l'Iran "ont suivi deux pistes : le dialogue ou l'option du transfert du dossier au Conseil de sécurité" des Nations unies, a-t-il dit.
"Le dialogue ne peut pas continuer éternellement. C'est à présent aux Iraniens de décider si ce temps est fini. Si c'est le cas, nous devrons commencer à suivre la seconde piste, qui est [le renvoi] aux cinq membres du Conseil de sécurité" qui pourra décider des sanctions contre l'Iran, a conclu Javier Solana.
La demande de suspension était la condition sine qua non à l'abandon de toute procédure de sanctions contre l'Iran et à l'ouverture de négociations sur un ensemble de mesures de coopération, offert par les grandes puissances. "Franchement, la suspension pour un mois ou deux semaines qu'ils [les Occidentaux] demandent, ne réglera rien", a ajouté Abdolreza Rahmani Fazli. "La suspension de courte durée est un prétexte pour que nous acceptions comme par le passé [une suspension] et qu'ils [les Européens] mènent une campagne pour dire que nous avons reculé."

Washington menace
La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a appelé, avant-hier , les grandes puissances à mettre un terme aux négociations avec l'Iran et à prendre des décisions sur ce sujet. "Je pense que nous sommes arrivés à un point où les Iraniens ont à faire leur choix et la communauté internationale doit agir en conséquence", a déclaré Rice. "Il me semble que les actions sont très bien expliquées dans la résolution 1696", a-t-elle ajouté. "Cela veut dire des actions sous l'article 41 du chapitre VII de la Charte des Nations unies", a-t-elle poursuivi. Les résolutions de l'ONU ayant trait au chapitre VII donnent au Conseil de larges pouvoirs d'action, notamment des sanctions, pour traiter les "menaces pour la paix, les infractions à la paix, ou les actes d'agression". L'article 41 exclut l'usage de la force pour faire appliquer les décisions du Conseil. Rice a indiqué qu'elle n'était pas sûre que les membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne se réuniront dans la semaine à propos du dossier nucléaire iranien, après que l'Iran eut une nouvelle fois rejeté toute suspension de l'enrichissement d'uranium, malgré le risque de sanctions de l'ONU. "Je ne peux pas vous dire si nous nous réunirons vendredi ou pas, nous gardons cette possibilité", a-t-elle dit. "Mais quand nous nous réunirons, je pense que la logique veut que nous mettions un terme à ces négociations sans fin. C'est ce que nous allons avoir à faire", selon Rice. Washington a averti mardi qu'il donnait jusqu'à la fin de la semaine aux négociateurs européens pour convaincre l'Iran de suspendre ses activités d'enrichissement, faute de quoi ils appelleront à des sanctions contre Téhéran.

Moscou temporise
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est prononcé hier à Varsovie pour la poursuite d'une "communauté d'action" des Six (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) sur le dossier nucléaire iranien.
"Nous sommes d'avis qu'il faut garder la communauté d'action mais les Etats-Unis ont déjà pris, de manière unilatérale, une décision, une loi qui concerne toutes les parties, qui limite les activités en Iran non seulement des sociétés américaines mais toutes", a déclaré Lavrov aux journalistes.
"Les Six se sont déjà mis d'accord sur certains points. Javier Solana s'est entretenu avec les Iraniens mais n'a pas obtenu de réponse satisfaisante. Nous poursuivrons l'action diplomatique. Certains sont pour l'application de sanctions dès maintenant", a-t-il ajouté, selon la traduction polonaise.
Les ministres des Affaires étrangères des Six se rencontreront aujourd'hui à Londres sur le dossier nucléaire iranien, a-t-il confirmé.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com