En visite en Irak : Rice rappelle les Kurdes à l’ordre





La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice s'est rendue hier au Kurdistan irakien, pour appeler les Kurdes à respecter un partage équitable des ressources nationales comme elle l'avait fait auprès du gouvernement à Bagdad, en arrivant jeudi en Irak.

Le Quotidien-Agences
Dernière étape de sa brève visite imprévue en Irak, la secrétaire d'Etat s'est entretenue pendant 45 minutes, à Erbil (nord), avec le président de la région autonome kurde d'Irak Massoud Barzani, souvent prompt à invoquer le droit du Kurdistan à disposer de ses propres ressources et, le cas échéant, à évoquer un recours à la sécession.
Les entretiens d'Erbil, capitale du Kurdistan, ont visé à convaincre les dirigeants de cette région de soutenir un projet de loi en discussion à Bagdad prévoyant que les ressources pétrolières seront partagées entre tous les Irakiens et ne profiteront pas à une seule communauté.
"Nous pensons que le pétrole doit être une ressource partagée par l'ensemble du peuple irakien", a dit Rice aux journalistes qui l'accompagnent.
"Notre point de vue, que nous avons communiqué aux Irakiens, et qui je pense est partagé par la plupart des Irakiens, est que le pétrole doit être un facteur d'unification et non une ressource qui conduirait à un pays moins uni", a-t-elle ajouté. Le Kurdistan dispose d'importantes ressources pétrolières.
Lors d'une conférence de presse commune à Erbil, où il n'y avait que deux drapeaux: celui du Kurdistan et celui des Etats-Unis, mais pas celui de l'Irak, Massoud Barzani a affirmé que le Kurdistan "est pour une distribution équitable des ressources pétrolières sur tout le territoire national, comme cela est inscrit dans la constitution irakienne".
Il a ajouté que "le Kurdistan, comme toute autre nation, a le droit à l'autodétermination". Cependant, a-t-il dit, "le parlement kurde a opté pour un système fédéral, au sein d'un Irak démocratique".

Fédéralisme
Un vote est attendu dans les prochains jours, à Bagdad, sur un projet de loi controversé instaurant le fédéralisme en Irak.
Le fédéralisme est soutenu par les Kurdes et les chiites, mais contesté par les sunnites qui craignent d'être isolés car leurs régions, situées essentiellement dans l'ouest du pays, sont largement désertiques et privées de pétrole. Ils veulent que le fédéralisme respecte un partage équitable des richesses nationales -en premier lieu le pétrole.
Fin septembre, le Premier ministre de la région kurde autonome d'Irak, Nechirvan Barzani, avait affirmé que les Kurdes voulaient être maître de leur pétrole et averti que toute interférence extérieure ne pourra que raviver les appels à l'indépendance du Kurdistan.
D'autre part, le parlement autonome kurde a entamé en septembre la lecture d'un projet de constitution kurde dans lequel il revendique notamment la riche région pétrolière de Kirkouk, et s'octroie le droit à l'autodétermination s'il la jugeait justifiée. Kirkouk ne fait pas partie actuellement du Kurdistan.
Condoleezza Rice avait sommé jeudi soir les dirigeants irakiens, dont le Premier ministre Nouri al-Maliki, d'agir rapidement pour mettre fin aux violences en Irak. "Notre rôle est de presser toutes les parties d'œuvrer à un prompt règlement parce qu'il est évident que la situation sécuritaire ne peut être tolérée et que l'inaction politique ne l'aide pas".Maliki a déclaré que les "massacres" perpétrés en Irak "ont choqué la population".

Attaques
Sur le terrain, un soldat danois a été tué dans le sud e Irak après que sa patrouille eût riposté à une attaque à Al-Hartha, près de la ville de Bassorah, a annoncé l'agence de presse danoise Ritzau. Le militaire, grièvement touché, lors d'une attaque à la roquette contre les bases britannique et danoise, a été transporté par hélicoptère vers un hôpital de l'armée où il est décédé des suites de ses blessures.
Ce décès porte à six le nombre de soldats danois tués depuis le déploiement en Irak en août 2003 du contingent danois.
Par ailleurs, sept membres d'une même famille ont été blessés lorsqu'un obus de mortier est tombé sur leur maison dans le nord de Bagdad .
Jeudi soir, les corps d'un député kurde, Mohamed Reda Mohammed, et de son garde du corps ont été retrouvés criblés de balles, dans un quartier sunnite de Bagdad. C'est la première fois qu'un député est enlevé et exécuté.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com