Nucléaire iranien : Les Six grands tentent de s’entendre sur le principe de sanctions





Les ministres des Affaires étrangères des "Six" se sont retrouvés hier à Londres, pour tenter de s'entendre sur le principe de sanctions, après le refus réitéré de Téhéran de suspendre son enrichissement d'uranium.

Le Quotidien-Agences
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, de retour du Proche-Orient, a cherché à convaincre ses partenaires (Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) qu'il est temps de passer à la discussion de sanctions à l'Onu, après des semaines de vains efforts du diplomate en chef de l'Union européenne Javier Solana, pour convaincre l'Iran de renoncer à son programme d'enrichissement d'uranium.
"Le temps est venu" pour les grandes puissances de décider si elles saisissent le Conseil de sécurité de l'Onu, a déclaré hier Solana depuis Paris. Mais, a-t-il ajouté, la porte des négociations avec l'Iran sur le nucléaire "restera toujours ouverte". "Le dossier iranien ne pourra être réglé que par la négociation", a-t-il insisté.
"Ce que les ministres vont faire (...) c'est de dire +on a fait l'effort Solana, maintenant on passe aux sanctions+", a déclaré Rice jeudi lors d'une visite surprise à Bagdad. "Ce n'est pas pour négocier les termes de la résolution", a-t-elle précisé, cette tâche revenant aux directeurs politiques des ministères.
L'ambassadeur britannique à l'Onu, a été plus précis, affirmant que le Conseil de sécurité devrait commencer à discuter de sanctions diplomatiques ou économiques contre l'Iran la semaine prochaine, en raison de son refus de mettre fin à l'enrichissement d'uranium, en violation d'une résolution de l'Onu.
"Je m'attends à ce que le dossier revienne à New York dans le courant de la semaine prochaine", a dit Jones Parry. Selon lui, Londres "discutera avec ses partenaires et les membres du Conseil des bases pour l'adoption par le Conseil de mesures contre l'Iran en vertu de l'article 41".
Selon cet article de la Charte des Nations unies, le Conseil de sécurité peut imposer des sanctions diplomatiques et économiques pour faire appliquer ses résolutions.
Jones Parry a indiqué que la décision finale de discuter ou pas de sanctions au Conseil de sécurité serait prise à Londres.
Les Européens ont déjà fait savoir qu'ils étaient prêts à parler "de sanctions proportionnées, progressives et réversibles" et "très spécifiques".

Réticences
Mais la Chine et la Russie, importants partenaires économiques de l'Iran, restent réticents à cette idée.
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré hier qu'il existait encore "des possibilités pour un règlement" du problème nucléaire iranien et a appelé à prendre des mesures "visant exclusivement" à pousser l'Iran à la "table des négociations".
"Il existe encore des possibilités pour un règlement et nous allons les utiliser de façon active à la rencontre d'aujourd'hui à Londres", a-t-il déclaré après un entretien avec son homologue afghan Rangin Dadfar Spanta.
"Toutes les mesures qui peuvent être examinées doivent viser exclusivement à pousser l'Iran à se mettre à la table des négociations", a ajouté le chef de la diplomatie russe.
Il avait souligné la veille que Moscou considérait toujours des sanctions comme des "mesures extrêmes".
Il a accusé les Etats-Unis de "compliquer le travail collectif", après l'adoption par le Congrès américain d'une loi prévoyant des sanctions à l'encontre des pays qui collaborent au programme nucléaire iranien et qui fourniraient à Téhéran des armes de haute technologie.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com