Mohamed Zaki Daoud : Du tréfonds de l’Irak





La soirée de vendredi au centre culturel de la Comar avait son petit charme. Sympathique à souhait et en famille.

Le directeur général de la société Comar, Rachid Ben Jemaâ, un fou mordu de cinéma, musique, arts plastiques et littérature ne déroge pas à la tradition qu’il a ancrée dans sa boîte d’assurances.
Outre son Marathon automnal, son Comar d’Or printanier, si Rachid ouvre chaque mois son centre culturel du sixième étage à ses invités. Ils sont des artistes, des amis et autres de ses employés. Qui répondent le plus souvent positivement et à cœur joie à l’invitation de cet homme de culture.
Avant-hier, la soirée était délicieusement bariolée. Un brin de «âtiq» tiré du fin fond de l’Irak, quelques notes de chez nous et le tout arrosé d’un trait d’humour qu’a signé Lotfi Bouchnak nous laissant pliés en deux à force de rire.
L’ensemble Annagham arroubaï chapeauté par le musicien-chanteur Mohamed Zaki Daoud, un Irakien qui a choisi l’exil chez nous depuis au moins une dizaine d’années et qui enseigne la musique dans nos instituts supérieurs, a été très à l’aise et son spectacle bien concocté, était fort émouvant. Car c’était du vrai art. Une musique jouée sobrement et juste. Entouré de son compatriote Ridha Mechhadani au ûd (lui aussi a choisi sa résidence dans nos murs et il enseigne la musique à l’Institut national), de Mohamed Hattay à la darbouka et le grain de beauté de la soirée, notre Najoua nationale au qanoun, qui enseigne, elle aussi la musique dans nos lycées secondaires, le Mohamed Zaki Daoud nous a offert une soirée sympathique et d’un haut niveau académique -à l’image des membres de l’Ensemble-.
Le maître qui a la verve, non seulement de «tripoter» savamment son santour (qanoun ancien du pays d’Ech-cham) mais d’interpréter des chansons hautes en douceur, nostalgie, amour et passion appartenant aux grosses pointures de la musique arabe du siècle dernier, et de déclamer de temps à autre quelques vers de bonne poésie de Jaleleddine Erroumi et autres d’Andalousie sortant des tripes et du tréfonds de l’âme. Les «maqamat» et «taqacim» (modes divers) spécifiques à la musique arabe à grande échelle), ont été généreusement servis, en court et léger au public. Un bon public qui sait savourer la bonne musique, qui a applaudi beaucoup et même chanté en chœur avec Si Zaki.

Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com