Maintenance de l’infrastructure sportive : Réduire les coûts et partager les responsabilités





La Tunisie a connu durant les deux dernières décennies un formidable essor des infrastructures sportives. Les salles couvertes se sont multipliées, les complexes sportifs foisonnent, et c’est ce qui permet aux athlètes de disposer d’excellentes conditions de travail et de préparation.

Cependant, ce développement spectaculaire des infrastructures sportives engendre en aval un problème assez épineux, celui de leur maintenance. Autrement dit, il s’agit de présenter cette infrastructure de façon à ce qu’elle continue à être opérationnelle et moderne.
Le Comité national olympique tunisien a donc pris l’initiative d’organiser un séminaire sur cette question: qui est responsable de la maintenance de l’infrastructure sportive? Les clubs qui les utilisent ou bien les collectivités publiques locales, et notamment les municipalités?.
En fait, il est difficile de répondre à cette problématique tant le défi paraît lourd à relever. En témoigne ce documentaire projeté aux présents sur les infrastructures de Radès, Mégrine, Hammam-Lif et Bizerte. M. Abdelhamid Slama, président du CNDT, commentant ces images, a soulevé l’existence de multiples défaillances auxquelles on doit trouver des solutions.

La règle des trois «E»
Reste que le coût de la maintenance est très élevé (36 milliards lors du Xème Plan) ce qui dépasse à la fois les moyens des clubs et ceux des municipalités. Dès lors, il conviendrait d’arriver à une bonne gestion selon la règle des trois E, ce qui veut dire Efficacité, Efficience, Economie.
Les interventions de Hédi Ayech (Sousse), Moncef Ben Gharbia (Bizerte) et les deux présidents des clubs, Kamel Idir (CA) et Fadhel Bouchrara (EOGK) ont servi d’illustrer certaines situations concrètes, Bouchrara, le président goulettois s’inquiétant même sur l’avenir de son club sans infrastructure adéquate alors qu’il dépend géographiquement de deux municipalités.
A la fin du séminaire, M. Abdallah Kaâbi, ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Education physique, a souligné que le partage des responsabilités est nécessaire entre tous les intervenants.
Par ailleurs, une prise de conscience des divers concernés peut atténuer les coûts, surtout si on fait appel aux personnes compétentes pour assurer cette maintenance.

ABDELLATIF

Les recommandations d’un séminaire

Au terme du séminaire sur «la responsabilité de la maintenance de l’infrastructure sportive entre les clubs et les conseils municipaux», organisé jeudi soir par le Comité National Olympique Tunisien (CNOT), à la Maison des fédérations sportives à Tunis, les participants ont adopté les recommandations suivantes :

1- Les participants expriment au Président Zine El Abidine Ben Ali leur reconnaissance et leur considération pour les initiatives avant-gardistes qu’il ne cesse de prendre en faveur du sport, notamment celles relatives à la consolidation de l’infrastructure sportive dans les différentes régions et dans toutes les disciplines.

2- Confirment le contenu du discours du Président Zine El Abidine Ben Ali affirmant que la construction de stades, de salles de sport, de piscines, et l’aménagement d’espaces sportifs dotés de tous les équipements demeurent une œuvre incomplète tant que toutes les parties concernées, notamment les ministères, les conseils régionaux et les conseils municipaux ne veillent pas à compléter ces efforts par d’autres au niveau sectoriel et local dans le domaine de l’entretien et de la maintenance.

3- Appellent toutes les parties concernées par l’infrastructure sportive à se conformer à la loi 104 datant du 3 août 1994, relative à l’organisation et au développement de l’éducation physique et de l’activité sportive, notamment les articles 44, 45, 46, 47 et 48 qui stipulent la classification des installations sportives selon les normes mondiales en cours, et ce, en fonction de la discipline, de l’emplacement, de la taille, de la capacité d’accueil et de l’état de la bâtisse et des équipements, ainsi qu’à prendre en considération tous les volets techniques, sécuritaires, sanitaires et organisationnels avant leur utilisation.

4- Rendent hommage au rôle des conseils municipaux dans la gestion de ces installations et dans l’assistance aux fédérations, ligues et clubs dans leurs exploitations dans les meilleures conditions et les appellent à fournir plus d’efforts en réservant notamment une part fixe de leurs budgets qui sera allouée à la maintenance des installations et équipements sportifs.

5- Appellent les conseils municipaux à former des techniciens et un personnel spécialisé dans la maintenance des installations sportives, dans le domaine de la construction, du gazonnage, de l’éclairage, de l’arrosage et de la réparation, ainsi que dans la maîtrise des différentes techniques d’exploitation.
Ils recommandent également la mise en place d’un programme rationnel dans l’utilisation des installations sportives pour les matches et entraînements.

6- Appellent les clubs, ligues, fédérations, joueurs et public sportif à respecter et à faire bon usage des biens publics, notamment les installations sportives, à rationaliser l’exploitation de leurs espaces et de leurs équipements, et à faire preuve de comportement civique de manière à les protéger contre la négligence, la nuisance et le vandalisme.

7- Appellent à l’implication du public sportif et des publicitaires dans le financement de la maintenance de l’infrastructure sportive, à travers l’allocation d’une partie des ressources de la publicité et de la vente des billets à cette fin.

8- Exhortent toutes les parties concernées et les autorités régionales à organiser des campagnes de volontariat régionales d’entretien et de maintenance des installations sportives avant le démarrage de chaque saison sportive, avec la participation de tous les clubs, associations sportives, de jeunesse et du public en général, afin d’assurer l’entretien et la maintenance de ces équipements en matière de nettoyage, d’embellissement et d’amélioration de l’environnement.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com