Divergences entre le Fatah et le Hamas : Le Qatar entreprend une médiation





Le chef de la diplomatie du Qatar Hamad Ben Jassem Al-Thani a entrepris une médiation entre le président palestinien Mahmoud Abbas et les islamistes du Hamas pour tenter d'aplanir les divergences empêchant la mise en place d'un gouvernement palestinien d'union.

Le Quotidien-Agences
Dans le cadre d’une médiation, cheikh Hamad est arrivé hier à Gaza où il doit s'entretenir avec Abbas et le Premier ministre issu du mouvement islamiste Hamas, Ismaïl Haniyeh, a indiqué un haut responsable palestinien qui a requis l'anonymat.
"Il discutera de la formation d'un gouvernement d'union et tentera de rapprocher les vues des deux parties", a-t-il dit.
Le porte-parole de Abbas, Nabil Abou Roudeina, a confirmé que le président de l'Autorité palestinienne devait s’entretenir avec cheikh Hamad "pour poursuivre les discussions entamées la semaine dernière", lors d'une visite de Abbas à Doha.
Selon ce haut responsable, cheikh Hamad a appelé Abbas dimanche soir pour demander à le rencontrer lundi. Avant de se rendre à Gaza, le ministre qatariote, dont le pays entretient de bons rapports avec le Hamas, doit discuter à Damas avec le chef du bureau politique du mouvement islamiste Khaled Mechaal, selon la même source.
Cheikh Hamad s'était déjà entretenu à Damas avec Khaled Mechaal la semaine dernière et lui avait alors soumis des "propositions" destinées à débloquer les discussions sur la mise en place d'un gouvernement d'union regroupant le Hamas et le Fatah, le parti de Abbas, a ajouté le responsable.
Les discussions entre le Hamas et le Fatah sont dans l'impasse et la tension s'est traduite ces derniers jours par des heurts entre partisans des deux groupes qui ont fait une dizaine de morts.
Abbas veut un gouvernement avec une plateforme modérée qui serait capable de mettre fin au boycott international en place depuis l'entrée en fonction du cabinet issu du Hamas en mars.
Mais le mouvement islamiste refuse que la plateforme d'un tel gouvernement contienne une quelconque reconnaissance d'Israël ou des accords israélo-palestiniens passés comme l'exige la communauté internationale.

Réserves
Haniyeh a ainsi réitéré dimanche ses réserves sur l'initiative de paix arabe à laquelle fait référence le "document d'entente nationale" censé servir de base au programme politique d'un cabinet d'union.
L'initiative est "problématique car elle comporte une reconnaissance d'Israël alors que nous avons déjà fait savoir que nous refusions une telle reconnaissance", a déclaré Haniyeh lors d'une rencontre avec des oulémas à Gaza.
Proposée par l'Arabie Saoudite, cette initiative a été adoptée par la Ligue arabe lors d'un sommet à Beyrouth en 2002. Elle prévoit la normalisation des relations des pays arabes avec Israël, en échange d'un retrait israélien total des territoires arabes occupés depuis 1967 et l'établissement d'un Etat palestinien.
Outre ses bons rapports avec le Hamas et Abbas, le Qatar entretient des relations commerciales avec Israël, qui dispose depuis 1996 d'une mission commerciale à Doha.

Haniyeh craint la guerre civile

Le ‘Premier ministre’ de l’Autorité palestinienne Ismaïl Haniyeh a lancé ce dimanche soir, 8 octobre 2006, un appel à la ‘réconciliation nationale’ aux différentes factions palestiniennes. En appelant à resserrer les rangs, Hanyé a fait part de ses craintes au sujet des affrontements internes. ‘La guerre civile aboutira à la mort du problème palestinien’.
S’exprimant à l’occasion d’un discours exceptionnel, Haniyeh a appelé à l’unité nationale. «Nous devons tout faire pour éviter que la situation au sein de l’Autorité palestinienne ne dégénère en guerre civile. Cette éventualité est une ligne rouge à ne pas franchir», a-t-il souligné. «Il faut dépasser nos différences et nos problèmes et concentrer notre lutte contre l’occupation», a déclaré le leader islamiste.
Très critiqué par le Fatah pour le discours qu’il avait prononcé vendredi dernier (6 octobre), Haniyeh a tenu à redresser la barre deux jours plus tard, promettant aux Palestiniens que «malgré nos différences et les critiques qui fusent parfois durement dans les médias, nous ne laisserons pas ce problème dégénérer en guerre civile. C’est un engagement du gouvernement», a-t-il poursuivi, «et de tous ceux pour qui la cause palestinienne compte.»




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com