Mûsîqât : Un petit souffle de notre Méditerranée





Le troisième rendez-vous de la première édition de Mûsîqât a été signé par des Grecs. Une plongée sous les ondes marines avec le «Akouson De»... et le panorama était haut en couleurs...

Le public d’Ennijma Ezzahra est venu le 7 octobre en assez grand nombre.On a même vu et nostalgie oblige, quelques têtes de Grecs qui ont choisi de résider chez nous. Tous ont écouté religieusement les deux parties du concert qu’a offert l’Ensemble musical «Akouson De» (qui veut dire dans la langue de Platon le sage «Frappe-moi, mais écoute-moi»), fondé en 1999 et qui tire sa sève du tréfonds des régions méditerranéennes. D’Athènes à Constantinople, d’Evronpoli (île de Syros de nos jours) à l’Alexandrie d’Egypte tout en passant par Thessalonique et même Izmir
Je viens de dire religieusement. Oui, car les airs étaient , tout au début de la soirée qui s’est prolongée un peu plus que prévu, avec un brin de méditation à nous rappeler le dhekr de chez nous (les Musulmans) monté sur des taquacim avec même un ûd. Une musique calme, sobre avec quelques vagues variations mélodieuses. Puis une autre partie de se détacher de la première et l’honneur revient haut les mains à la Rebetika, le blues grec. Mais ce n’était qu’une consolation aux gens qui sont vraiment atteints par le blues. Car les atmosphères nous ont rappelés ( et ce n’était pas très loin) l’urban blues d’Amérique, le tango argentin ou encore le fado portugais. Nous avons eu l’impression d’être dans le quartier latin de Paris où des groupes se rassemblent sous la Fontaine de Saint Michel ou encore dans les petits restos grecs et donnent libre cours à leur talent et à leur musique qui remonte à au moins un siècle. Mais qui a connu ses heures de gloire pendant la période de l’entre-deux-guerres.
S’agissant d’une «complainte langoureuse», ces expressions poétiques des gens non choyés par la nature (marginaux, déracinés, exilés, errants et autres exclus de la société) atténuent de leur mal. Rien qu’en les bien écoutant et tendre l’oreille aux sons d’une guitare,d’un violon, d’une baglama ou d’un bouzouki royal qu’on se sente mieux et bien dans sa peau malgré le mal de notre société contemporaine qui nous ronge de l’intérieur. Car avec ce sentiment étouffé de révolte, il y a un autre sentiment. Celui de la fierté et en quête interminable de dignité. Ça soulage vraiment. Surtout que les chanteurs ont une si belle voix, de toutes les ondulations. Satinée, veloutée, aigue, limpide et aérée. Tout à la fois, l’Ensemble «Akouson De» était saisissant samedi dernier et un à un les Pavlov Pafranids (bouzouki), Dimitris Mystakidis (guitare, bouzouki, chant), Dimistris Sfigos (guitare, baglama et chant) et les deux autres ont été salués et longuement applaudis. Il y a vraiment de quoi. Merci les artistes, vous êtes à la hauteur de cette musique qui représente le pays de vos ancêtres, les magnifiques.

Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com