Tunisie – Soudan (1-0) – Le jeu et les joueurs





Du rythme, oui, mais point de réalisme

Dans un match qu’ils devaient impérativement gagner, les Aigles de Carthage ont beaucoup souffert avant de s’imposer difficilement face à un adversaire nettement à leur portée.

Comme prévu, Roger Lemerre a aligné une formation à vocation offensive. Le sélectionneur, d’habitude très conservateur, a étonné pas mal de monde en titularisant Zaïem et Karim Nafti. Compte tenu de la nécessité de jouer l’attaque à outrance, Lemerre a changé cette fois-ci de formule avec un seul récupérateur, Mnari, et trois milieux offensifs. Avec un dispositif en 4-1-3-2, les intentions des Aigles de Carthage étaient claires et ils ont pris d’assaut le camp soudanais dès le coup d’envoi. En alignant Jomaâ à gauche et Nafti à droite, deux joueurs en grande forme ces derniers temps, le coach a donné la priorité à la vivacité et à la variété de jeu puisque cette disposition permet de trouver plus de solutions et de compliquer la tâche des défenseurs adverses. D’ailleurs, malgré le repli défensif massif des Soudanais, il y avait toujours des espaces vides à exploiter d’autant plus que Jemmali et Ayari avaient comme consigne de soutenir sans relâche le compartiment offensif. Grâce à ce schéma tactique, l’animation offensive était au rendez-vous et tous les joueurs y ont pris part. Les Tunisiens ont attaqué à un rythme soutenu, surtout en première mi-temps qui a vu l’équipe créer au moins quatre occasions nettes de marquer, mais la précipitation et la maladresse ont malheureusement gâché ce beau travail d’approche. Zitouni, Nafti, Jomaâ et Zaïem ont hérité de belles opportunités pour ouvrir le score mais c’était compter sans leur désolante inefficacité devant les buts. Il est vrai que toutes ces occasions créées illustraient la belle manœuvre collective de l’équipe, mais le manque de réussite à de quoi inquiéter. Dans d’autres circonstances et face à des adversaires plus solides, le nombre d’occasions est logiquement inférieur et seule l’efficacité peut faire la différence. A ce niveau, Lemerre ne doit pas être content même si on va, encore une fois, invoquer l’absence du duo Jaziri - Santos. Sur le plan collectif, les trois compartiments de jeu ont eu des hauts et des bas. La défense, très peu sollicitée, a commis des erreurs individuelles qui auraient pu coûter très cher. Le milieu a bien carburé en première période et a un peu cafouillé à la reprise. En attaque, les joueurs ont beaucoup bougé, mais ils ont manqué de réalisme dans le dernier geste, alors que Zitouni, malgré toute sa bonne volonté, a encore une fois montré ses limites. Sur le plan individuel, Chedli, Jomaâ et Chikhaoui ont été les plus en vue alors que Mnari, d’habitude très généreux et au four et au moulin, a évolué cette fois-ci à l’économie.
En face, le Soudan a misé sur la solidarité et la discipline collective et a disputé un match tactique intéressant sur le plan du marquage et de la couverture. Esseulés, les attaquants ne pouvaient pas faire de miracles. A propos, le match s’est joué sur deux miracles. Le premier a vu un attaquant soudanais rater curieusement la cage vide de Kasraoui et le second s’est produit au moment où Richard a «réussi» à tromper son propre gardien de but.
Des satisfactions, il y en a eu tout de même car cela fait longtemps que nous n’avions pas vu les Tunisiens produire un tel volume de jeu. Sur le plan individuel, on peut retenir le retour réussi de Badra, l’abattage de Jomaâ, la maîtrise technique de Jemmali et Chikhaoui ainsi que le bon rendement de Zaïem et Nafti en première mi-temps.
Un dernier mot enfin, concernant Kasraoui. Sa titularisation s’imposait en pensant à l’avenir, mais il a encore à apprendre car en Sélection, il va être beaucoup plus sollicité qu’en championnat local. Il a les capacités pour devenir le futur keeper de l’EN, mais il ne faut pas oublier également Nefzi qui mérite, lui aussi, d’avoir une chance.

Kamel ZAÏEM


Leurs Impressions

Roger Lemerre
«Je suis satisfait de cette victoire. La résistance du Soudan fut dure. Notre adversaire était bien préparé physiquement et tactiquement. Mais notre opiniâtreté, notre obstination à arracher la victoire ont fini par payer, marquant un but qu’on peut qualifier de chanceux.
Notre équipe s’est replacée ainsi dans la course à la 1ère place de ce groupe. L’équipe soudanaise n’a rien perdu, puisqu’elle aura à nous accueillir à Khartoum lors de la dernière journée dans un match qui ne sera pas très facile...».

Ali Zitouni
«La rencontre a été très dure, car le Soudan était bien préparé tactiquement et physiquement. Nous avons cafouillé quelque peu parce que nous cherchions à marquer ce but libérateur qui ne venait pas. Heureusement que nos efforts ont fini par être récompensés. C’est une victoire réconfortante qui nous replace en tête de groupe et nous permet de confirmer notre progression lors des prochaines rencontres qualificatives pour la CAN 2008».

Khaled Badra
«La rencontre a été difficile et l’adversaire très dur à manier, mais nous aurions pu débloquer la situation si nos attaquants ont eu de la réussite. Notre hargne et notre rage de vaincre ont fini par payer. Ce but nous permet de préparer les prochaines échéances en toute sérénité. Le prochain match contre le Seychelles est important et la victoire est impérative en vue de la qualification».

Hamdi Kasraoui
«Ce qui compte, c’est la victoire. C’est vrai qu’elle a été acquise dans la douleur, mais notre adversaire a carrément refusé le jeu en optant pour la défensive à outrance.
Notre détermination à arracher cette victoire a fini par payer. Notre but était de renouer avec la victoire. Nous y sommes parvenus. Ce succès nous place dans de bonnes conditions pour négocier les prochaines rencontres en confiance et surtout pour continuer sur la même voie et préserver notre leadership...».

Mohamed Mazda (Entr. Soudan)
«Je félicite la Tunisie pour sa victoire. Mon équipe a bien joué le coup tactiquement, notamment sur le plan défensif avec un double rideau qui a annihilé toutes les tentatives de l’attaque tunisienne. Nous avons misé sur les contres, mais nos joueurs qui sont issus du championnat local, manquent énormément d’expérience à ce niveau, à l’inverse des Tunisiens, dont la majorité des joueurs sont des professionnels.
Je dois, toutefois, reconnaître que la pression des Tunisiens a été terrible et a fini par nous pousser à la faute, à l’image du but que nous avons marqué contre notre camp.
Néanmoins, je reste persuadé que nous gardons nos chances intacts pour la CAN 2008 au Ghana, car à Khartoum nous sommes irrésistibles et nous avons battu des équipes comme le Cameroun».

Moncef SEDDIK

Flash…Balles

Sollicitations
Le nouveau coach de l’EST, Jacky Duguéperoux, était très sollicité par les médias qui se sont rués vers lui, lorsqu’il l’ont aperçu avec le président du club sang et or Aziz Zouhir, ainsi que Zouheïr Boughnia, Samir Chemmam et un grand nombre du staff espérantiste.

Fidélité
Fidèles à leurs habitudes, les supporters tunisiens résidant à l’étranger n’ont pas manqué de venir soutenir leur équipe. Fidélité, quand tu nous tiens.

Recruteurs
Les recruteurs étrangers étaient aussi au rendez-vous bien que la période des transferts est encore loin. Le nombre des joueurs locaux évoluant en Tunisie n’est pas étranger à cette présence.

Présence
Mhadhebi et Jaïdi étaient d’attentifs spectateurs. Ce dernier a tenu à se rendre aux vestiaires pour saluer ses camarades à l’issue de la rencontre.

Lieu
La salle de conférences d’après match, d’habitude au rez-de-chaussée, a été déplacée au 1er étage. Un lieu plus spacieux qui permet aux journalistes de travailler dans de bonnes conditions.

M.S.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com