Belhassen Meriah : «J’ai préféré me retirer car on m’a mis hors-jeu!»





Après le départ de Khaled Ben Yahia, c’est son adjoint qui a assuré l’intérim à Bizerte en attendant l’arrivée du nouveau coach. On s’attendait alors à voir Belhassen Meriah occuper le même poste aux côtés du Français Jacky Duguéperoux, mais ses dirigeants ont vu autrement et le divorce n’a pas tardé. Meriah revient, dans cette interview, sur tout ce qui s’est passé ces dernières semaines au Parc B.

Tout a commencé avec le limogeage de Khaled Ben Yahia. Comment jugez-vous cette décision?
Ben Yahia a réalisé presque un miracle en remportant le doublé la saison passée avec une équipe en phase transitoire. Malgré quelques carences, l’équipe a eu une très grande réussite et elle a pu surmonter tous les obstacles malgré tout ce qui s’est dit sur sa manière de jouer. Cette saison, c’est l’inverse qui s’est passé avec un ensemble qui a fait beaucoup de progrès sur le double plan technique et tactique, mais la réussite lui a, cette fois-ci, tourné le dos. Contre l’USM et El Gawafel, la victoire nous a échappé malgré notre nette domination, mais c’est surtout en Guinée Equatoriale que nous avons été réellement déçus à cause d’un arbitrage catastrophique qui nous a volé la victoire. Après ce nul, le doute a gagné les joueurs qui n’ont pas pu résister à la pression. Leur médiocre prestation contre l’Olympique de Béja en était l’illustration et les dirigeants ont estimé qu’un changement d’entraîneur devenait impératif pour sortir de l’impasse. Donc, ils avaient leurs raisons même si, à mon avis, Ben Yahia a fait tout ce qu’il pouvait pour redresser la situation.

Vous avez assuré l’intérim à Bizerte et on vous reproche d’avoir opéré un changement inopportun juste avant le but d’égalisation du CAB. Qu’en pensez-vous?

A Bizerte, on a fourni un match très honnête et on méritait largement de gagner. Les occasions ratées et le but d’égalisation du CAB en ont voulu autrement. A propos du changement, j’ai été surpris par le commentaire de mon collègue et ami Khaled Hosni lors de l’émission «Dimanche sport» car j’ai l’impression qu’il a vu un autre match. J’ai demandé à l’arbitre d’effectuer le changement avant la remise de touche, mais le quatrième arbitre a retardé cette opération qui a coïncidé par la suite avec le corner qui a amené le but. Je respecte les critiques, mais elles ne doivent pas cacher la réalité des choses. Pour ceux qui ont la mémoire courte, je tiens à rappeler que j’ai remporté un nombre impressionnant de titres à l’EST avec Mokhtar Tlili (1980), Amarildo (1985) et surtout avec Faouzi Benzarti (cinq titres nationaux et continentaux en une année) avant de remporter le doublé avec Khaled Ben Yahia. A l’Espérance, les joueurs, les dirigeants et les supporters qui m’ont toujours soutenu le savent bien et je suis satisfait de tout ce que j’ai donné à mon équipe.

Pourtant, vous venez de présenter votre démission au comité directeur. Qui s’est-il passé au juste?

Après le limogeage de Ben Yahia, on m'a chargé d’assurer l’intérim jusqu’à la désignation d’un autre entraîneur. Le staff a tenu deux réunions techniques et j’ai dirigé l’équipe à Bizerte. Entre-temps, le président du club a fait savoir à travers ses déclarations à la presse que le staff technique ne subira aucun changement. Or, j’ai été surpris lors de la troisième réunion technique en présence du nouvel entraîneur par la désignation de Samir Chemmam au poste d’entraîneur adjoint et on m’a chargé de l’équipe B formée de joueurs qui ne jouent pratiquement pas. Il est vrai que des rumeurs à ce propos ont circulé avant cette réunion, mais je ne pensais pas que les dirigeants allaient les confirmer car, à mon avis, il s’agit d’une décision injuste. Le comité directeur m’a, ainsi, mis «hors-jeu» et j’estime que je mérite plus de respect au sein de ma famille espérantiste. Je ne pouvais accepter d’être la cinquième roue de la charrette et je n’ai pas hésité à présenter ma démission. Les supporters espérantistes que je respecte beaucoup et qui m’ont toujours soutenu doivent tout savoir et ils sauront comprendre les raisons de mon départ.

Pour revenir au fameux match EST-OB, des rumeurs ont laissé comprendre que certains joueurs ont volontairement baissé les bras pour précipiter le limogeage de Ben Yahia. Quel est votre avis à ce propos ?

Ce ne sont là que des rumeurs infondées qui n’honorent pas un aussi grand club qu’est l’Espérance. Dans notre équipe, il n’y a que des joueurs professionnels et responsables qui refusent de se comporter indignement. Lors de ce match, la pression était énorme, surtout après le décevant nul ramené de la Guinée Equatoriale. Les joueurs n’étaient pas à l’aise et ils n’ont pas pu s’exprimer comme ils savent le faire. En seconde mi-temps, ils n’en pouvaient plus et ils ont sombré dans la médiocrité. Après le match, ils étaient tous très tristes et lorsque certaines rumeurs ont commencé à circuler, ils étaient très touchés d’être accusés de trahison. De telles choses ne se produisent jamais dans un club où dirigeants, joueurs et supporters se sont toujours comporté de manière responsable et honnête.

Quels avis portez-vous sur Jacky Duguéperoux, le nouvel entraîneur espérantiste?
J’estime que M. Aziz Zouhir a fait le bon choix en engageant un technicien qui a entraîné en Ligue 1 française, ce qui est en soi une référence très importante.Il s’agit d’un entraîneur qui a fait ses preuves et qui jouit d’une bonne réputation. J’espère le voir s’adapter rapidement à l’EST et contribuer à la faire sortir d’une crise de résultats. Le championnat n’est encore qu’à ses débuts et la course au titre est encore ouverte. Avec la collaboration de toutes les parties prenantes du club, il demeure capable de faire du bon travail. Je souhaite également bonne chance à mon collègue Samir Chemmam dans ses nouvelles fonctions. J’espère voir l’EST rebondir au plus vite et je tiens à exprimer mon attachement à mon club, malgré mon départ, car je n’y ai laissé, je l’espère bien, que des amis.

Propos recueillis par
Kamel ZAIEM




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com