Tara Banda : Passionnément…, à la folie !





La sixième soirée du premier festival de chants traditionnels, Mûsîqât — qui se déroule actuellement à Ennejma Ezzahra —, offerte par le groupe Tara Banda a été follement rythmée et festive à souhait. Même un peu trop...

Les Italiens sont de tempérament méditerranéen. Ceci dit qu’ils nous ressemblent énormément et aiment faire la fête. Sans modération aucune et sans le moindre dosage. L’essentiel est donc dans cet esprit de fête qu’affectionnent les gens du sud. C’est ce qui s’est exactement passé avant-hier soir au palais Ennejma Ezzahra avec le Antonio Corallo et sa bande de musiciens, chanteurs, choristes et danseuses qui se sont donné libre cours à leurs tarentelles, tammuriates, sérénades, berceuses et autres chants de travail et de rébellion.
Ici, on joue, on chante, on danse avec un réel plaisir - et on invite tout le monde à la piste (ça nous a changés un peu de la monotonie habituelle du chant traditionnel et sacré) et on fait le pitre. On avait l’impression d’être dans un haut lieu d’animation. Dans un resto, un bar ou autre place publique devant un cercle d’artistes offrant leur talent au premier passant. Et les Italiens étaient bien dans leur assiette ce soir de 10 octobre, et avec toutes les miettes de plus aigres aux plus douces. Un spectacle en dents de scie, dit-on d’un côté. De l’autre, on murmure la décadence des airs du début du concert, un peu agités et fort turbulents. D’un autre angle on voit une ambiance pétillante, accrochante et les artistes ont tout l’art et la magie pour magnétiser la foule. Une foule séduite, en transe, devenue au fil des rythmes complice. Cette foule composée en grande majorité par des invités et d’Italiens résidant chez nous (normal, puisque l’Institut italien de culture y est pour un petit quelque chose dans la présentation de Tara Banda à Tunis), nostalgie oblige et ces gens ont été bien dans leur élément. Ils ont aimé, adoré, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie cette musique à quatre vents qui dégage et sans dosage de l’émotion et du charme du bon vieux temps de tout le sud de la Botte, à Calabre, Pouille, Basilicate, Sicile, Sardaigne ou Naples. A nous rappeler les Grecs, les Romains, les maures et les gitans. Un charme tout de soleil... irrigué. De temps à autre assommé, terni.
Notre avis : ça n’a pas volé assez haut. Ça ressemble à un spectacle d’animation de rue, de fête de foire ou de foraine plus qu’à un spectacle qui se respecte et qu’il n’a pas à avoir lieu dans cette manifestation qui se veut d’une certaine classe, qui plus est, dans un lieu symbolique d’Ennejma Ezzahra, et qui se veut sobre à l’image du grand Baron qui nous a légués cette somptueuse bâtisse et tout son savoir artistique et musical avec. Ce n’est qu’un premier festival et on pardonne aux organisateurs ce petit faux pas... d’inattention dans le choix... S’il y a bien sûr faux pas, car notre impression peut être subjective et là c’est une question de goût. Aimer ou ne pas aimer et l’art n’est qu’une question de relativité. D’ailleurs, notre surprise a été grande quand on a vu l’engouement des présents et on était dans nos jugements presque démenti. Quand on les a vus à la fin du concert se ruer et sans calcul pour l’acquisition d’un CD en guise de souvenir. Le public a donc été enthousiasmé et c’est l’essentiel.

Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com