Un pan de notre histoire dévoilé : Les agriculteurs tunisiens et le mouvement de libération nationale





L’institut National de l’Histoire du Mouvement National a présenté hier au Centre culturel de la Ville de Tunis la première conférence d’une série de rencontres se rapportant à plusieurs thèmes de notre histoire commune. Mme Amira Sghaïer a parlé du rôle des agriculteurs dans le mouvement de libération.

Tunis-Le Quotidien
L’histoire a toujours éclairé notre présent. Cet adage s’est encore une fois vérifié avant-hier soir au cours d’une étude présentée par Amira Aleya Sghaïer, chercheur à l’Institut de l’Histoire du mouvement national. Le thème abordé par la conférencière se rapportait au rôle des agriculteurs tunisiens dans la lutte contre l’occupation française depuis le protectorat à l’indépendance (1881-1956).
Il n’est pas difficile de comprendre l’engagement des agriculteurs dans le mouvement national car la colonisation a toujours commencé par l’usurpation des terres, le symbole par excellence de l’identité d’un peuple. Les agriculteurs tunisiens étaient très soucieux de préserver l’intégrité de leurs terres souvent au prix de leurs vies. La conférencière a ponctué sa recherche par des exemples frappants des agriculteurs dans la protection de leurs terres. Des soulèvements notables ont marqué l’histoire de la Tunisie et ont permis aux chercheurs de constater que les agriculteurs étaient fortement présents. Le conférencière a cité le soulèvement des «Frachiches» à Tala et à Kasserine en avril 1906 au cours de laquelle des dizaines de «Frachiches» ont été tués à la suite d’une attaque menée contre des fermes des colons.
Le rôle des agriculteurs ne s’est pas borné à la lutte armée. Ils ont joué un rôle politique de sensibilisation à travers les «Ittihad» (Unions) créés durant la période coloniale. Le journal «La voix du Fellah Tunisien» a constitué une tribune de sensibilisation des Tunisiens de différentes catégories sociales sur la nécessité de poursuivre le combat contre les colonisateurs mais aussi un espace de présentations des différentes revendications politiques.
Lors de son congrès en 1954, l’Union Nationale des agriculteurs a demandé entre autres, la nationalisation des chemins de fer et l’annulation des textes à caractère raciste dans le domaine de l’immobilier.
La conférencière a toutefois précisé au début de son exposé que le combat contre les colonisateurs a été mené par toutes les couches socio-politiques de la Tunisie et que l’indépendance constitue le fruit d’une action commune menée par les différentes couches sociales de l’époque.
Cette manifestation s’inscrit dans un cycle de conférences organisées par l’Institut national de l’Histoire du mouvement national durant lesquelles plusieurs thèmes importants, de notre histoire sont soulevés et discutés par des chercheurs et des universitaires.

Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com