Festival de la Médina : Les mélodies orientales et andalouses revisitées





Le duo syro-marocain “Wajd”, composé de la chanteuse marocaine Neziha Meftah et de la pianiste syrienne Ghaïth Jasser, a animé deux soirées, au club culturel Tahar Haddad.

Une pianiste chevronnée et une belle voix. Le tout était mixé avec une prestation scénique, à travers laquelle Neziha Meftah chante des paroles qui vont directement au cœur.
Les deux spectacles ont reproduit cette ambiance à la fois enchanteresse et grisante à la fois. Car le duo “Wajd” a concocté une musique qui sort du chemin des traditions musicales arabes tracées et qui impose un style mélodieux mi arabo-andalou, mi-oriental. En témoigne d’ailleurs la prestation de Neziha Meftah. Elle s’est produite sur scène avec un style d’une haute facture méliodieuse.
Habillée en “Jellaba” de couleur bleue, la chanteuse marocaine a su combiner sa voix avec des improvisations bien étudiées et très expressives de la talentueuse pianiste Ghaïth Jasser. La particularité du duo est qu’il fait un va-et-vient entre des chants à vocation humaine et en rapport avec le passé et ceux sacrés. Les compositions visitées reproduisent des œuvres où se combinent les styles mélodieux du Machreq et du Maghreb, les mélodies d’antan et celles d’aujourd’hui. L’homme, comme la femme s’y retrouvent, tout comme d’ailleurs les chants, la voix et les paroles qui sont de Khaled Rommou.

Hommage à la Tunisie
Durant ces spectacles, l’assistance a eu droit à treize compositions. Parmi les chants visités, on trouve ceux interprétés avec un style arabo-andalou au timbre marocain.
Et ce n’est d’ailleurs pas une surprise. Car Neziha Meftah est originaire de “Chef-chouane”, une petite ville marocaine située sur la Méditerranée, qui garde encore jalousement ses traditions andalouses.
Raison pour laquelle ce cachet est resté vivace dans sa façon de chanter et de se produire sur scène. Ainsi, durant la première partie de la soirée de mardi, le duo ne s’est pas contenté seulement de visiter des morceaux comme “Manfi” ou “Lima Abki wa anta maï”, “Je veux, à l’air confier”, avec un style d’un cachet arabo-andalou, rappelant celui de l’orchestre arabo-andalou de Fez. Mais durant cette première partie, Neziha Meftah, s’est aussi et surtout inspirée de l’école “Rahabanai” du Machraq. Ses gestes et le timbre de sa voix rappellent parfois à l’assistance les belles prestations scéniques d’Oum Kalthoum ou de Feïrouz. Et ce n’est pas tout. La chanteuse marocaine a gratifié quelques unes des mélodies avec un style occidental ou, du moins, avec celui inspiré des parodies françaises. Dans la deuxième partie de la soirée de mardi, pas moins de sept compositions ont été présentées et parmi lesquelles, on cite notamment “Jesr el founoun”, “Ah quel jeu !”, entre autres. Mais le moment fort de la soirée de mardi fut l’hommage rendu à la Tunisie. Neziha Meftah a dédié en effet. “Si tu savais, Ah Tunisie, à la Tunisie et à l’amitié qui lie ce pays au Maroc et à la Syrie. “La musique doit transcender les frontières et créer une amitié durable entre les peuples”, nous confie la chanteuse marocaine à la fin du concert. Créé il y a seulement quelques années, le duo “Wajd” vient de prendre part au festival de la Medina pour la deuxième fois consécutive. L’objectif de ce duo est de créer à travers un répertoire une diversité musicale où on trouvera des chants arabo-andalous et orientaux. Ce pari est sur la voie d’être réussi puisque le duo sortira prochainement son premier album.
En attendant, il se produira dans un futur très proche en Syrie avant de revenir à Paris où il donne régulièrement des concerts.

Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com