Zine Haddad : «Je respecte mon public et il m’en est reconnaissant»





Avec une voix perchée au sommet de la gamme, Zine Haddad s’est forgé une place auprès des Grands, depuis les années 80. Rappelez-vous: c’était avec «Eddounia Tghanni» (La vie chante) de feu Aly Riahi que notre artiste a fait son entrée dans le monde de la chanson tunisienne telle qu’on l’aime: authentique. A l’occasion du concert qu’il a donné mercredi à Bir Lahjar, Zine Haddad nous livre cette interview.

Vous êtes un artiste aussi bien respectable que respecté. Quel en est le secret?
Depuis que j’ai choisi d’être ce que je suis, j’ai opté pour une seule ligne conductrice que je ne compte jamais délaisser. Je respecte mon public et il m’en est reconnaissant.

La chanson tunisienne peut-elle résister au phénomène de la chanson dite «jeune»?

Tout à fait. Encore faut-il garder le cachet de cette chanson qui doit rester authentique. Cela n’empêche qu’on peut innover tout en donnant à cette chanson ses lettres de noblesse. Il faut lui donner son droit de cité dans nos médias et dans nos manifestations culturelles.

Est-ce que vous avez pu fidéliser un public malgré le phénomène du «star-system» qui fabrique les artistes comme en usine?

Je ne suis pas une marchandise. Je suis un artiste qui a une voix et un répertoire et surtout une belle musique tunisienne authentique. Je n’ai pas à craindre la concurrence des artistes qui naissent quotidiennement car le public tunisien n’est pas dupe. Il sait distinguer entre l’art consistant et la médiocrité. Dieu merci, j’ai mon public qui, à longueur d’années, m’est resté fidèle.

Est-ce qu’il était au rendez-vous le mercredi 11 octobre à Bir Lahjar?

La salle était comble. Le public s’est dandiné au rythme des chansons. Il y a même des femmes qui ont lancé des youyous en m’écoutant interpréter des chansons mystiques. J’ai interprété également des chansons de Aly Riahi «Chekkit ouana Marit» et «Ana Nghir», etc… J’ai chanté également des titres de mon album 2006. «Ya Gamarna», «Habibti Samra» etc… J’ai chanté du malouf qui cadre bien avec l’ambiance des soirées ramadanesques. J’ai été accompagné d’une troupe de 10 instrumentistes, placés sous la houlette de Abdelhakim Belgayed.

Mona BEN GAMRA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com