Michalis Terlikkas : Sublime voix chypriote





Entouré de ses trois instrumentistes, le chanteur chypriote Michalis Terlikkas a offert au public du premier festival Mûsîqât une soirée toute gentille.

Son maître n’est que Théodoulos Kallinkos, un poids lourd en la matière. Et tel maître tel disciple. Le Michalis Terlikkas, la cinquantaine «grasse» représente aujourd’hui sa Chypre natale par sa voix. Une voix douce et profonde, large et aiguë, toute pure et toute satinée. Quoi, de pur! Une fluidité référentielle. C’est qu’on a du moins entendu avant-hier soir à Ennejma Ezzahra avec un florilège de chants a capella.
Seulement cette a capella est légèrement montée sur des notes timides mais originales à souhait. Avec le violon de Kosta Karpassitis, le luth grec de Panayiotis et Nikos Souroullas avec le tamboutsia (une sorte de bendir avec deux cuillères en bois), Michalis Terlikkas nous a plongés dans les paysages festifs de Chypre. Pas très loin des airs grecs. Des chants de mariage, de bienvenue et autres qui peuvent être accompagnés par des danses dans les cérémonies joyeuses ou même funèbres.
La troupe Mousa qu’a fondée en 1992 Michalis Terlikkas essaie donc de sauver ce qui reste à sauver. Tirant son répertoire du patrimoine culturel de son pays à travers des enregistrements rares, des souvenirs d’enfance ou encore de ce que les aînés lui ont légué avec enthousiasme «Mousa» veut garder cet accent d’identité, balayé un brin par les temps modernes.
Dans ce patrimoine, la voix est royale et il n’y a que la voix qui ressort à la surface. Mélodies d’amour en premier lieu. Une voix typique qui est «la réminiscence des «modes» de l’antiquité grecque (modes lydien, phrygien, dorien…) que les Byzantins ont transformés en «timbres», d’après le chercheur Kostas Loannidis. Entre les «ragas» de l’Inde aux «maqamat» arabes, ces mélodies sont enveloppées des airs d’Orient et ne manquant pas de sagesse, de philosophie, de l’étoffe antique grecque. Ce qui fait d’ailleurs le charme de cette voix. Le public qui n’a rempli le vendredi 13 octobre la salle qu’à sa moitié a découvert l’âme chypriote et ses origines et fort aimé. Tant mieux et il mérite ce beau spectacle. Surtout qu’il a pris la peine de se déplacer lors d’une tempête qui a surpris le tout Tunis et environs, et la météo s’est bien gâtée et à ne pas mettre le nez dehors.

Z.A.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com