Festival de la Médina : La Saga du Oud à Dar Hcine





Dar Hcine, sise en plein cœur de la Médina a accueilli mardi une soirée de luth. Charbal Rouhana du Liban et Youssef Madani du Maroc, en compagnie de Kamel Ferjani et Ahmed Kalaï de Tunisie, ont embarqué l’assistance dans des improvisations de Oud, et un délicieux dialogue des cordes.

Les amoureux du luth qui ont fait le déplacement en masse, n’ont pas regretté d’avoir assisté à cette soirée qui a aiguisé la curiosité des fans du luth.
Quatre luthistes de talent ont animé un concert qui a reproduit des improvisations arabes du Oud de très haute facture.
Le public, venu nombreux et composé de fans moins jeunes a prêté l’oreille aux compositions présentées lors de cette soirée dans un calme olympien. Lors de la première partie de cette soirée qui a duré 45 minutes, le duo, composé du libanais Charbal Rouhana et du Marocain Youssef Madani, a interprété chacun ses propres compositions. Charbal Rouhana a fait vibrer les cordes de son luth avec une ingéniosité et un professionnalisme tous azimuts.Le virtuose libanais du Oud a composé quatre morceaux. Il s’agit de «Noubar», une composition inspirée des improvisations arméniennes et trois autres que l’artiste a tirées de son propre répertoire.
«Sammaï Bayati», «Femme dangereuse» et «Mariage» sont les trois autres morceaux que Charbal Rouhana a concocté, durant sa prestation. D’ailleurs «femme dangereuse», sera le titre de son prochain album qui sortira au mois de novembre prochain.
Pour sa part, Youssef Madani a fait voyager l’assistance dans la chaleur des improvisations du royaume chérifien et arabo-andalous, «Taqacim Nahawand», «Arij» et «Iksir Al Andalous», telles sont les compositions présentées par le luthiste marocain, dans un style très recherché ou authenticité et modernisme ont fait un véritable dialogue à travers les cordes de son luth.

Du Sammaï au Sacré
La deuxième partie de cette soirée fut un voyage au cœur des improvisations arabo-andalouses et les mélodies sacrées de la Tunisie profonde. Le duo Kamel Ferjani et Ahmed Kalaï, en hommage, à ce dernier et maître du violon, visité, à travers la prestation, des compositions nouvelles et anciennes.Une demi-douzaine de morceaux a été reprise au cours de cette deuxième partie. Dans un premier temps, les fans du violon ont eu droit à deux belles compositions du luth, dont les improvisations ont été dosées par des légères percussions du «Bendir». Il s’agit du «Sammaï Hizaj-lear Kurdi» et du «Lunga-lear Kurdi». Outre ces eux compositions et en hommage à Ahmed Kalaï, une composition de ce dernier a été reprise. «Cœur inquiet», titre de ce morceau a embarqué les présents dans la chaleur nostalgique du répertoire de Ahmed Kalaï, figure de proue du luth en Tunisie. Les compositions soufies ont été aussi à l’honneur durant cette dernière partie du concert. Les improvisations inspirées de «Sidi Mansour»et de «Baba Bahri» ont été développées avec un air très recherché, ou l’authentique et le moderne cohabitent, dans une harmonie totale. Cette soirée qui avait pour thème: «Dialogue des cordes» a été, reconnaissons le, un véritable dialogue - dans la richesse et la diversité des improvisations, - entre des rythmes arabes et d’ailleurs et ceux d’hier et d’aujourd’hui.

Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com