Le Schweizer Klaviertrio : Une petite musique de chambre





Martin, Sébastien et la blonde Angela nous ont retenus à l’église Saint Louis par la qualité de leur art. Une centaine de minutes de bonheur... Et quel bonheur !

Après «L’Octuor de Violoncelles» qui a magnifiquement bien inauguré le 12ème Octobre musical avec du baroque et des airs contemporains de France, suivi le lendemain 16 octobre de «Take a Sextet» l’Italien avec un florilège des plus fins de la musique de films, le tour est à la Suisse avec ce fameux Schweizer Klaviertrio. Le groupe de trois ou le «Swiss Ambassador’s Award», depuis mars 2005, couronné de plusieurs distinctions et succès internationaux - comme le prix de musique de chambre Migros en septembre de l’an écoulé, le premier prix du Concours international de Caltanissetta et surtout le premier prix du Concours international Johannes Brahms en Autriche -, a effectué depuis sa création en 1998 au moins 25 concerts de par les pays du monde. Venu pour la première fois en Tunisie et au continent africain, le trio a sur son agenda automnal trois rendez-vous.
A l’Acropolium le mardi 17, à Sfax le 18 octobre et le troisième soir sera à Ness El Fen,du côté d’El Omrane, et à chaque espace son programme, son charme et ses délices de jeux, et de notes tirées de la musique classique de l’Occident.
Donc avec les répertoires des monstres sacrés qui, au fil des années et des siècles, n’ont pris que de l’aura et pas la moindre ride ou ridule. Aucune.
Les Martin Lucas Staubau piano, Angela Golubeva, au violon et Sébastien Singer au violoncelle invités à l’Octobre musical notamment par l’ambassade Suisse et Proheivetia (Fondation suisse de la culture), un fidèle partenaire pour la Tunisie culturelle ont donc honoré et dignement leur croix blanche nationale. Et pas uniquement dignement. Car la qualité de leur interprétation des grands de la musique du monde nous a donné à réfléchir. Puisqu’ils ont l’art de la reprendre, de la remettre au goût du jour et de la faire avancer avec de la connotation et du tonus de la jeunesse.
Ceci nous a donc démangé la cervelle pour penser sur le sort de notre musique. A preuve: «Chère madame qui faites de la couverture et de la critique et êtes toujours présente sur le terrain, je sens le besoin d’attirer votre attention sur ce concert et cette qualité d’interprétation. Je crois que vous l’avez compris. Les gens avancent et évoluent alors que nous...», et Si Naoufel, notre violoncelliste national et professeur universitaire de musique ne nous dit pas plus, lors de l’entracte. Mais ce qu’il a voulu dire, nous l’avons senti et pressenti dès les premières notes et pétales de ce concert de musique de chambre. Un caractère spontané, un bourdonnement poétique et lyrique à la fois. C’était très émouvant pour nous dire que les gens travaillent leur musique avec du sérieux. Quant à nous, nous stagnons dans un marécage. Le marécage des «ârabnia» et de seconde gamme qui se moque de la créativité et des créations. C’était une bonne leçon pour nos musiciens et on espère qu’avec cette consultation sur la musique, ordonnée par le Président de la République, nous pourrons rêver d’un univers artistique meilleur.
Au programme de ce trio qui ambitionne en 2007 un nouveau triple concerto écrit par Daniel Schnyder et à sa demande, pour une première avec l’Orchestre Philharmonique de Liège où il y aura dans la série de concerts Klubhaus-Konzerte, des moments forts en Belgique et en Suisse, une musique de chambre de grande classe.
A l’instar de ce qu’on a vu et apprécié à l’église Saint Louis de Carthage, où le public, pas très nombreux mais qui sait écouter et applaudir quand il faut la bonne musique, la vraie musique que les interprètes enveloppent de tout leur talent, de tout leur être, sans jamais trahir les Schumann, Wettstein, Brahms et les autres qui peuvent reposer tranquillement là où ils sont. Leur legs musical est toujours frais, pétillant, et leurs airs de traverser le temps sans se faner. Merci le trio.

Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com