L’escroc humilié en pleine rue





Il possède sept mille dinars et son rêve était de multiplier cette somme par dix, vingt voire trente. Du coup c’est l’Europe qui l’attirait le plus et qu’il considère comme le seul endroit au monde où il peut faire fortune. Seulement, il lui fallait tout d’abord, résoudre ce problème, de visa. C’est ainsi qu’il s’est fait soutirer les sept mille dinars par un escroc. Alors pour se venger il a opté pour le tatouage en le marquant à jamais.

Tunis -Le Quotidien
La victime dans cette affaire est un jeune tunisien originaire d’un quartier populaire de la capitale. Le destin a voulu qu’il quitte, l’école assez tôt et depuis il changeait à chaque fois de métier en métier jusqu’à ce qu’il tombe sur un ressortissant lybien qui lui a proposé de venir travailler dans son pays. Deux ans durant, il a cravaché dur pour rentrer finalement au pays après avoir ramassé quelques dizaines de milliers de dinars.
Le jeune homme de vingt huit ans était convaincu que pour faire fortune il lui fallait changer de direction et se diriger plutôt vers le nord. En d’autres termes, il lui fallait vivre en Europe.
Seulement, comment un «petit» tunisien comme lui peut obtenir un visa. Il suffit, en effet, de faire un petit saut devant n’importe quel consulat européen pour constater à quel point,il est devenu difficile, de se faire délivrer un tel document.
Conjointement il ne passe pas un jour sans qu’il n’entende parler d’une telle ou telle personne qui a réussi à obtenir un visa en versant des pots de vin à des intermédiaires.
A ce sujet, les rumeurs sont le plat quotidien des jeunes qui cherchent des tuyaux comme n’importe quel turfiste en quête d’informations sur son cheval favori. Alors, les histoires ne manquent pas pour nourrir ces longues discussions qui portent sur l’immigration.
Justement on passe la journée à parler du naufrage de telle ou telle embarcation et de temps en temps on se réjouit de l’arrivée sain et sauf de l’un de nos concitoyens sur l’autre rive de la Méditerranée.
Seulement de passer à l’acte, on se contente de rêver en attendant de prendre le large.
Paradoxalement la victime dans cette affaire n’était pas de ceux qui aiment l’aventure. Certes, il voulait tenter sa chance mais pas au point de risquer sa vie. Alors, il était prêt de payer le prix qu’il fallait pour obtenir un visa en bonne et due forme.
C’est ainsi et après avoir demandé un peu à gauche et à droite, il a entendu parler d’un intermédiaire capable de lui procurer ce fameux document moyennant une somme d’argent fixée d’avance à cinq mille dinars.
Un premier rendez-vous fut alors fixé entre les deux hommes. L’intermédiaire reçut dans un premier temps une première avance de l’ordre de deux mille dinars suivie du reste du montant.Entre temps, notre candidat à l’immigration avait remis son passeport et les autres pièces nécessaires pour la constitution du dossier à l’intermédiaire qui, coup de théâtre, n’a plus donné signe de vie. Mieux encore, il ne répond plus au téléphone , ne fréquentant plus les mêmes endroits et laissant sur sa faim le malheureux jeune homme qui a perdu là toute sa fortune.
Bien évidemment, on a compris qu’il s’agit d’une escroquerie. Mais au lieu d’aller dénoncer l’énergumène aux autorités, la victime a préféré se venger personnellement de son escroc.
En menant sa propre enquête, notre jeune homme a réussi à intercepter son rival dans un bar de la place.
Il patienta alors le temps que l’escroc quitte le bistro et il lui coupa la route au niveau d’une rue de la capitale. Après l’avoir neutralisé totalement il tira un couteau avant de lui déchirer son pantalon et lui tatouer sur les fesses le chiffre sept qui représente toutes ses économies.

H.M.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com