Malgré la déroute sécuritaire : Washington et Londres écartent un changement de stratégie en Irak





Deux GI's ont été tués hier en Irak qui a été frappé par une nouvelle attaque contre des policiers qui a fait 10 morts à quelques jours de la fin d'un mois de ramadan particulièrement meurtrier alors que Londres et Washington ont écarté un changement de stratégie dans ce pays, en dépit des critiques.

Le Quotidien-Agences
La nouvelle attaque suicide au camion piégé a visé une caserne de la police dans le nord de Mossoul, et a causé la mort de dix personnes, dont un policier. Quatorze autres personnes, dont huit policiers, ont été blessées. Un couvre-feu a aussitôt été décrété dans la ville.
L'attaque, survenue quelques jours avant les fêtes de l'Aïd Al-Fitr, qui marquent la fin du ramadan, rappelle que l'Irak traverse sa plus grave période de violences depuis 2003.
Une bombe a explosé à Doura, quartier mixte sunnite-chiite du sud de Bagdad, où la violence est quasi quotidienne, au passage d'une patrouille de police faisant cinq morts, dont deux policiers.
A Bagdad, les corps de 31 victimes de violences confessionnelles ont été découverts au cours des dernières 24 heures. Selon la police, les victimes portent des traces de torture et sont criblées de balles.
Coté américain, deux soldats ont été tués au combat, portant à 69 le bilan des pertes de l'armée américaine dans ce pays depuis début octobre, a annoncé hier le commandement américain.
Un soldat est mort, dans le sud de Bagdad, lorsque sa patrouille a été attaquée à l'arme légère.
Dans la province occidentale rebelle d'Al-Anbar, un soldat est "mort des blessures provoquées par un tir ennemi".
Au cours de la journée de mardi, dix soldats américains avaient été tués en Irak, soit un des bilans les plus lourds pour l'armée américaine sur une seule journée.

Aucun changement
Malgré les lourdes pertes américaines en octobre et les appels de plus en plus pressants à un changement de politique, y compris dans la majorité républicaine, la Maison Blanche a écarté un changement de stratégie en Irak.
"Non", a répondu le porte-parole de la Maison Blanche Tony Snow à la presse qui lui demandait si la mort de dix soldats américains, mardi, conduisait le président George W. Bush à reconsidérer sa position.
"La stratégie, c'est de l'emporter. Le président comprend non seulement la difficulté d'y parvenir, mais il pleure ceux qui ont servi, et qui ont servi avec bravoure. Mais (...) il faut l'emporter. Et cela a un prix", a déclaré Snow.
Depuis début octobre, 70 soldats américains ont été tués en Irak. Ce mois s'annonce comme l'un des plus meurtriers pour l'armée américaine, qui a perdu 2.778 soldats depuis l'invasion de mars 2003, selon un décompte de l'AFP basé sur les chiffres du Pentagone.
Le Premier ministre britannique Tony Blair, dont le pays maintient 7.200 soldats en Irak, a réaffiché aussi sa détermination à y rester aussi longtemps que nécessaire pour éviter un "désastre".
Un retrait prématuré serait un "désastre". "C'est notre politique de nous retirer progressivement d'Irak quand les forces irakiennes seront capables d'assurer la sécurité", a-t-il déclaré.

Maliki dans la tourmente
Le Premier ministre Nouri Al-Maliki a pressé de son côté ses compatriotes de s'unir, malgré la recrudescence des violences confessionnelles, affirmant que le pays avait besoin de tous, sunnites comme chiites, pour se reconstruire.
"L'Irak traverse des moments difficiles. J'appelle au rejet de la violence et des meurtres confessionnels. Sunnites et chiites doivent s'unir pour reconstruire l'Irak", a dit Maliki après avoir rencontré la plus haute autorité chiite en Irak, le grand ayatollah Ali Sistani, et le dirigeant chiite Moqtada Sadr.
L'ayatollah Sistani, dont les avis sont généralement respectés au sein de la communauté chiite en Irak, s'est dit confiant dans le fait que la rencontre de La Mecque entre religieux chiites et sunnites irakiens, prévue aujourd'hui, "encouragerait la stabilité et l'harmonie entre les Irakiens".
Toutefois, son bureau a indiqué hier qu'il n'enverrait pas de représentant à cette conférence convoquée à l'initiative de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), car selon lui les participants sur place sont "suffisants".


Rumsfeld
Le Pentagone étudie les moyens d'augmenter ses troupes

Le Quotidien-Agences
Le Pentagone étudie les moyens d'augmenter son contingent de soldats afin de réduire la pression provoquée par la guerre en Irak, a indiqué le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld.
Il a reconnu qu'il serait difficile d'augmenter de manière substantielle la taille de l'armée mais a estimé que les Marines notamment pourraient plus facilement créer un autre régiment de combattants.
"Nous avons beaucoup de choses en cours et nous sommes conscients des risques pour nos forces, mais nous pensons que nous pouvons raisonnablement faire face aux demandes" a-t-il déclaré dans un discours sur la base aérienne de Maxwell, en Alabama (sud).
Quelque 140.000 militaires américains sont déployés en Irak, dont 120.000 soldats de l'armée de terre répartis dans 15 brigades de combat. L'armée de terre dispose de 23 autres brigades déployées dans le monde.

Pour Talabani, l’Iran et la Syrie peuvent ramener la paix

Le Quotidien-Agences
Le président irakien estime que les violences pourraient se terminer «en quelques mois» si Téhéran et Damas participaient à la pacification du pays. Une commission américaine envisagerait de proposer cette option pour sortir du chaos.
Le président irakien en est persuadé : les violences peuvent s’arrêter en l’espace de «quelques mois». Un impératif pour Jalal Talabani : que l’Iran et la Syrie participent à la pacification du pays. Ce serait «le début de la fin du terrorisme», a-t-il assuré.
Ce scénario est envisagé par une commission américaine spéciale sur l’Irak, révélait lundi le Los Angeles Time. Créée par le congrès américain avec le soutien du président Bush, cette commission s’apprêterait à proposer deux options: inclure Damas et Téhéran dans l’effort pour stopper les combats ou bien redéployer par étapes les troupes américaines hors d’Irak.
Cette seconde hypothèse, Jalal Talibani n’y croit pas. Selon lui, «personne ne va se retirer rapidement» d’Irak. Tony Blair a également dit qu’il serait «absolument étonné» si la commission américaine préconisait un retrait «coûte que coûte».




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com