Jeanette Thompson : La perle noire





Le concert de Jeanette Thompson donné vendredi dernier à l’Acropolium de Carthage dans le cadre du 12ème Octobre musical a drainé la foule. Qui n’a pas été déçue.

Au contraire. La foule a été plus que satisfaite de cette dame de Floride qui a été lors de son premier récital tunisien au sommet de son art, qui plus est, passé dans un haut lieu, l’église Saint Louis. Un espace qui lui va merveilleusement bien et comme un gant. C’était un véritable réel plaisir de l’écouter et au fil des minutes de ne jamais être rassasié. Un peu plus d’une heure (et nous n’avons pas vu le temps s’écouler) de bonheur même si notre dame a grignoté de deux morceaux à connotation spirituelle (hélas !) son programme affiché et ceci n’a nullement affecté de son aura. Le public saisi dès les premiers airs l’a religieusement écoutée. Au final, il a été comblé. Et c’était vraiment la découverte, car il n’a jamais entendu ou vu cette belle perle noire. D’ailleurs en surfant sur Internet, il n’y a pas eu sur elle grand-chose. Sauf une promotion sur son CD, «Negro spiritual». Quant au nom de Jeanette Thompson, il est multiple. Il y a une danseuse. Une écrivaine et d’autres.
Pour revenir à la Cathédrale, il y a de quoi afficher satisfaction et remercier l’Octobre musical, le Centre américain qu’il l’a invitée sous le conseil de Roberte Mamou qui l’a vue se produire à Bruxelles et rayonner de par ses concerts au monde. Tout de noir vêtue au début de la soirée puis d’une autre robe en mauve et jaune nous rappelant ses lointaines origines africaines, la petite fille de Floride nous a plongés dans une musique de grande classe, celle de l’Opéra. C’est-à-dire qui repose beaucoup plus et nettement sur la voix. Accompagnée pour l’occasion de cette Roberte Mamou au piano et la conseillère de toujours de Mustapha Okbi, directeur de cette manifestation automnale, Jeanette, toute en chair et rondeur, habitée par sa voix a invité son public de Tunisie dans un voyage, si poétique, si doux, si pétillant et l’a embarqué dans le tréfonds de son âme.
Nous avons fermé de temps à autre les yeux et laissé seulement notre âme entre (et dans) les cordes vocales de cette dame aux cheveux courts (presque le crâne rasé). Et nous avons eu un sentiment spécial. Car les airs étonnants et vibrants, satinés et fluides, puissants et doux à la fois nous ont relaxés et exalté les émotions tout finement, tout en chatoyant. C’était telle une thérapie. Que dire de plus de cette soprano qui a enregistré avec les orchestres de renom de par le monde et qui s’est «trimbalé» avec sa voix (un don du ciel) en Allemagne, en France, en Espagne, en Australie, en Yougoslavie, au Mexique, au Canada, en Belgique et a brillé parmi les autres stars. Nos amis Turcs la connaissent bien. Il l’ont invitée chez eux pour apprendre d’elle. Pour savourer de son art et pleinement jusqu’à la source de son être, de son savoir.
Après une carrière dans l’enseignement supérieur, la voilà à Izmir accueillie comme une reine dans l’université où elle donne des cours sur les Franz Schubert, Johannes Brahms, Francis Poulenc, Gabriel Fauré, John Miler, Harry Huff, Giacomo Puccini et les autres. De temps en temps, elle monte sur scène pour chanter des airs d’opéra, des chansons d’amour et autres de spiritualité et la voix de notre dame de Floride de perler et de dégager de la puissance volonté. Notre souhait le plus sincère est de revoir le plus souvent chez nous Jeanette Thompson afin qu’on apprenne à la connaître et à découvrir ses multiples talents.

Z.A.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com