«Chajaratou Addor» : La femme arabe dans tous ses états





«Femme» la nouvelle création théâtrale mise en scène et interprétée par Zahira Ben Ammar a été présentée samedi à la Maison de la culture Ibn Rachiq.
La pièce concoctée sur la base du texte de Ezzedine Madani, donne un aperçu rétrospectif sur la situation actuelle de la femme arabe.


Entre la présentation, en avant première, le 11 décembre dernier de «Femme» et celle de samedi dernier, Zahira Ben Ammar a apporté de nombreuses retouches à sa pièce. Changement de décor, de lumières, de va-et-vient; tous ces compartiments ont été revus, corrigés et améliorés. Résultat: entre la scène de l’Institut supérieur des arts dramatiques (ISAD) et celle d’Ibn Rachiq. «Femme» a été améliorée, tant dans son contenu que dans sa forme.
Les amateurs du quatrième Art qui ont fait d’ailleurs le déplacement en masse, n’ont pas été, en tout cas, déçus, tant par le travail savant élaboré par Zahira Ben Ammar, que par la mise en scène. Outre le thème de la pièce qui est d’une brûlante actualité, Zahira Ben Ammar a eu le courage de concocter sa pièce sur la base d’un texte historique et légendaire, en arabe littéraire, celui d’Ezzedine Madani qui relate la vie de la sultane «Chajaratou Addor». Certes, la présentation de la pièce demande beaucoup de fidélité et surtout une mémorisation du texte de cette pièce. Tâche que Zahira Ben Ammar a pu accomplir avec beaucoup de bonheur notamment lors de la première présentation. Toutefois, parmi les retouches apportées à «Femme», le metteur en scène a introduit des enregistrements de certaines parties du texte d’Ezzedine Madani, d’où s’inspire cette pièce. Dans sa prestation scénique, elle a accompagné ces parties par des gestes, des pas lents et des mouvements spontanés et instantanés, une façon pour Zahira Ben Ammar de revivifier ce «long fleuve tranquille» par lequel passe la femme arabe actuelle.

Scène nue et femme verticale
Les deux jeunes actrices, en l’occurrence Imen Mabrouk et Sandra Ben Chikha qui ont accompagné Zahira dans la présentation de la pièce, ont été à la hauteur de leur tâche. Elles étaient égales à elles-mêmes, au milieu de la scène, conçue comme un espace nu, à l’intérieur duquel, était tracé un cercle. Dans leur prestation elles ont entouré Zahira Ben Ammar qui s’est produite comme une femme verticale, en position de faiblesse, écrasée et qui se défend, en criant, en s’égosillant et en lançant par-ci, par-là, des boutades. Dans cette façon de se produire, les trois actrices se sont livrées à des déplacements et des mouvements, suivant la teneur du message et du texte. D’ailleurs, la particularité de la nouvelle présentation de «Femme», samedi dernier, est que Zahira l’a découpée en plusieurs tableaux, suivant la teneur du message et du contenu. Une répartition qu’elle a réussie avec beaucoup de professionnalisme, puisqu’à la fin de chaque tableau, les trois actrices étaient fortement applaudies par le public. Le moins qu’on puisse dire est que «Femme», dans ses premières sorties, n’a pas manqué de séduire et même d’émerveiller un public fan du quatrième art et des nouvelles créations théâtrales.

Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com