«Making off» : Propos incisifs…





Un film qui ébranle. Un film au vitriol qui prend aux tripes. Dans «Making off», Nouri Bouzid nous balance en pleine figure une réalité qui nous hante et qui nous émeut par moments. Le réalisateur, par ailleurs profane, tient des propos sans compromis sur ce qu’il y a de plus profond en soi, la foi.


Par ces temps où l’Islam est montré du doigt par ses détracteurs qui l’accusent, à tort, de tous les torts, Nouri Bouzid, bien installé dans le confort de ses idées arrêtées stigmatise ce genre de discours qui prétendent que le texte coranique est «désuet». Taxer le «Jihad» de «terrorisme», c’est aussi remuer le couteau dans la plaie. Mais ce n’est pas tout, car Nouri Bouzid ne compte pas caresser dans le sens du poil certains faits sociaux. Il nous parle ainsi d’une jeunesse livrée à elle-même.
Le film parle d’un jeune homme «Bahta» qui sert bien d’archétype. Le personnage protagoniste se trouve tiraillé entre son rêve d’une Europe convoitée et celui de vivre pleinement son rêve d’artiste dans son pays. Il se retrouve accablé par une société hostile, par un père craint et fascinant à la fois. Il tombe enfin dans le piège de l’obscurantisme religieux que nous réprouvons tous.
Au risque de froisser certaines sensibilités, Nouri Bouzid s’adonne au plaisir de surprendre le spectateur par des va-et-vient succulents entre l’histoire du film et un dialogue acharné entre lui et le personnage protagoniste, Lotfi Abdelli. Il fuit de cette manière la linéarité de l’histoire.
Même si on trouve la dernière séquence du film quelque peu plate, on ne peut s’empêcher d’avancer que Nouri Bouzid a la touche du maître qui l’amène à esquiver tous les pièges du scénario. C’est un réalisateur chevronné qui a enfanté la caméra depuis 1968 pour nous donner à réfléchir sur «L’homme de cendres», «Les sabots en or», «Bezness», «Bent Familia». Dans «Making off», ultime œuvre de l’artiste, il se dévoile en sortant des coulisses des idées qu’il a exhumées. Il se trouve bien placé en fait, pour distribuer blâmes et satisfecits sur les choses et les faits. Son propos est clair. «Celui qui joue avec le feu, finira par se brûler».
«Making off» est un film sans doute intéressant pour celui qui cherche à considérer émulatif le débat sur la question de la compatibilité du texte saint avec les temps présents.
Signalons que la sortie du film dans les salles est prévue pour le 7 février. Il sera projeté à l’ABC, à Amilcar et à l’Alhambra (La Marsa).

Mona BEN GAMRA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com