E.S.T. – U.S.M. (1-3) : Ils avaient bien planifié le coup





«Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage». Cette citation de La Fontaine a constitué le principal aiguillon de l’USM qui a fini par «balayer» une EST conquérante à l’entame du match, puis étrangement passive.



C’est que l’USM est entrée progressivement dans le match, cédant la manœuvre à l’adversaire lors du premier tiers des débats ne cherchant que quelques contres et s’exposant au danger des Sang et Or qui venaient surtout du côté gauche où Zaïem l’auteur du but espérantiste dès la (12’) était étincelant d’audace.
Mais à partir du but égalisateur signé par Tarak Salem avant la pause on sentait que le doute commençait à s’installer dans les rangs des Tunisois où la défense paniquait à chaque accélération d’Adriano, Mondabay ou Ben Abdelkader. Pourtant l’Espérance a réalisé une très bonne première demi-heure où elle a multiplié les assauts, les tirs, les corners... Sentant le danger, Duguépéroux avait beau remplacer à la pause Ben Younès, hésitant, par Zakkar, mais les attaques monastiriennes, bien posées, continuaient à donner le tournis à Bekri, Jaber, Zakkar et Melki. Le remplacement de ce dernier par Mahjoubi était vain. Les Sahéliens grâce à un football fluide, fait de balles longues et de renversements allait ajouter deux autres buts par le Cap-Verdien Adriano étrangement seul dans les deux épisodes mais très adroit notamment sur le tir du second but qui n’a laissé aucune chance à Kasraoui. A l’évidence, l’USM avait bien préparé son coup, comptant sur une tactique prudente au début pour résister aux assauts adverses avant d’exploiter à bon escient les espaces, ou plutôt les boulevards laissés béants par les défenseurs espérantistes, désunis et désorientés mais aussi souffrant d’un mauvais repli des joueurs du milieu et d’un replacement approximatif. Ces défaillances individuelles et collectives ne sont pas nouvelles, et l’Espérance qui possédait naguère une défense souvent intraitable, se trouve aujourd’hui démunie et les cinq buts encaissés lors des trois dernières journées outre les souffrances endurées en attestent largement. Le champion sortant se trouve aujourd’hui distancé de sept points et le titre s’éloigne de plus en plus. Pour expliquer cette débandade devant un merveilleux public qui a longtemps soutenu ses favoris avant de manifester sa colère légitime en fin de match, Jacky Duguépéroux a fait la déclaration suivante : «L’équipe a bien négocié la première période et a raté nettement le coche mais après la pause elle est tombée dans ses travers avec des lignes désunies et une défense désorganisée. Avec l’indiscipline de certains je n’ai jamais pu aligner la même équipe deux matches de suite et dans ces conditions c’est difficile d’avoir le même rendement durant toute une rencontre».
A ces défaillances, il faudrait peut-être ajouter la petite prestation de la nouvelle recrue Aboucherouane qui n’est pas encore arrivé en deux matches de championnat à justifier son statut. Il suffit de signaler qu’avant-hier il est passé à côté du match, ne constituant aucun danger pour l’arrière-garde adverse.
Dans le camp monastirien, la satisfaction était évidente. Certains ne croyaient même pas ce qu’ils venaient de réaliser. Pour Samir Jouili, le coach, le coup a bien réussi : «Cette victoire confirme le bon travail et les résultats probants obtenus dernièrement. C’est vrai que je ne m’attendais pas à ce score mais avant le coup d’envoi j’étais convaincu que battre l’Espérance était dans nos cordes. J’ai étudié son jeu et j’ai tiré les enseignements nécessaires. Il s’agit maintenant de continuer sur cette lancée».
Décidément, l’USM ne finit pas d’étonner et il est grand temps pour elle de prendre conscience de ses moyens pour jouer franchement ses chances dans la course au titre surtout que le CA et l’ESS qui la devancent ne cassent pas vraiment la baraque.

Jamel BELHASSEN




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com