Que pensez-vous du système éducatif?





Abdallah Touil (Fonctionnaire) :
«On ne peut que regretter le bon vieux temps»
«Tous les acteurs du système éducatif constatent une baisse du niveau des élèves. Elle concerne essentiellement les langues. Aujourd’hui, nos chères têtes brunes ne maîtrisent pas à quelques rares exceptions près la langue d’Al Moutanabbi - leur langue maternelle - et encore moins celles de Molière et de Shakespeare. A qui la faute? Tous les intervenants assument une part de responsabilité. Les réformes éducatives introduites ces dernières années ont produit des têtes bien pleines et non pas des têtes bien faites. Les enseignants font preuve d’une certaine nonchalance, voire d’un je-m’en-foutisme pur et dur. A cela s’ajoutent la démission des parents et une certaine paresse intellectuelle que favorise l’évolution des TIC. Bref, on ne peut que regretter le bon vieux temps. Jadis, on vouait un respect à l’enseignant qui frise la vénération. Aujourd’hui, on l’agresse verbalement et physiquement. Que dire de plus?»

Mokhtar Ben Amor (Huissier de justice) :
«Halte à la «mercantilisation» du savoir»
«On assiste depuis plusieurs années à deux phénomènes «extrêmes». D’un côté, nous trouvons des génies formés en Tunisie et capables de faire leurs preuves dans les plus prestigieux centres de recherche aux USA et en Europe. De l’autre, nos établissements éducatifs produisent des «nuls». A mon humble avis, cette fracture s’explique par une certaine tendance à «mercantiliser» le savoir. Comment peut-on qualifier le phénomène des cours particuliers qui gagne du terrain au niveau de tous les cycles de l’enseignement? De là à dire que cette «pratique assassine» est une école parallèle, il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir. Les autorités de tutelle sont plus que jamais appelées à rectifier le tir pour sauver la plus incommensurable de nos richesses, le capital humain. Après tout, la Tunisie n’est arrivée à accéder au rang de pays émergent qu’en misant sur l’Education dès l’aube de l’Indépendance».

Mahfoudh Khalfa (Directeur d’hôtel) :
«Des hauts et des bas»
«En ce qui concerne l’enseignement primaire et secondaire, le niveau est bon dans l’ensemble. Au niveau de l’enseignement supérieur, la situation est catastrophique. C’est que l’étudiant pense que le professeur devrait lui transmettre 99% des connaissances. Raison pour laquelle, il fait preuve d’une grande paresse. En clair, l’étudiant a tendance à avoir tous les systèmes d’exploitation à sa portée que de se triturer la cervelle. Est-il normal qu’un étudiant ne sache pas faire la différence entre le masculin et le féminin? Et c’est justement pour cette raison que je n’exerce plus en tant qu’enseignant depuis de longues années. J’ai démissionné».

Propos recueillis par
W.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com