Exposition : Dans l’antre des oiseaux de nuit





L’Espace d’arts plastiques “El Teatro” abrite depuis mardi une exposition de peinture de l’artiste Hassanine Zaouali. “Au B’Art”, titre de cette exposition est un témoignage percutant sur la vie parallèle et mouvementée de certaines personnes- notamment, les hommes de culture.


Les œuvres de Hassanine Zaouali sont chargées de messages. Leur particularité est qu’elles sont très expressives. Le titre choisi pour chaque tableau est focalisé sur des personnages en mouvement. Des hommes et des femmes menant une vie parallèle que l’artiste considère comme : “Un trou noir”. Un trou noir, parce que tout s’y déroule dans les boîtes de nuit, les bars et dans d’autres lieux où l’ambiance nocturne bouillonne. Cette ambiance a inspiré Hassanine Zaouali à telle enseigne qu’il a intitulé son exposition au “B’Art”, par allusion au “bar”, c’est aussi une autre façon pour le peintre de revivifier l’ambiance nocturne dans ces endroits où le flou se mélange à l’alcoolisme, aux affaires de mœurs, aux humeurs d’ivrognes. En contemplant ces tableaux de très près, on a comme l’impression que les personnages sont en éternel mouvement, “Fin de soirée”, “Début de soirée”, “Le Solitaire”, “Ivrognes 1”, “Fiesta 1” “Gueule de bois 5 et 6” sont autant de titres percutants qui évoquent les différentes situations qui revivifient l’ambiance nocturne dans ces endroits nocturnes de Tunis.

Le mystère nocturne
Hassanine Zaouali, à travers son exposition, n’a pas eu seulement, l’ambition de focaliser son inspiration sur ces situation nocturnes des personnes ordinaires et des noctambules. La principale source d’inspiration vient surtout de son contact avec les peintres confirmés et confinés dans leurs tanières du centre-ville de Tunis. D’autre part, il a conçu ses œuvres sous la forme d’un hommage à ces artistes et intellectuels qui avaient trouvé refuge dans l’alcool, à l’instar de Habib Bouabana auquel il a dédié d’ailleurs ce travail.Mais les œuvres de Hassanine Zaouali se révèlent sur un autre plan, comme porteuses de messages. Une diatribe contre l’alcoolisme, le tapage nocturne et tant d’autres affaires de mœurs qui “tuent la personne du sens commun et glisse son art vers sa fin”. Ainsi, à travers ses 26 tableaux, le peintre a braqué pleins feux sur ces lieux où artistes, intellos, autres oiseaux de nuits et quelques “souris” se rencontrent à l’abri des tourments du quotidien pour exacerber leurs passions, rire de rien, chanter ivre, refaire le monde pour mieux supporter les péripéties du lendemain. Ces soirées biens arrosées dans une ambiance parfumée ont donc habité Hassanine Zaouali au point de l’inspirer, en restituant des situations parfois vulgaires, tapageuses et parfois irréelles de ces personnages patibulaires, les âmes errantes et les gueules et les minois fantomatiques qui hantent les tavernes. Afin de bien restituer cette ambiance et véhiculer son message, Hassanine Zaouali utilise ce qu’il considère comme la technique picturale la plus simple, à savoir celle de l’huile sur toile. Certes, l’artiste n’a pas respecté les vraies règles du dessin mais il a pu véhiculer avec efficacité son message. Il a porté, sur un autre plan, son choix sur toutes les couleurs en y privilégiant les couleurs pastels pour faire revivre l’ambiance, mais également les couleurs sombres pour décrire la situation des boîtes de nuit.

Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com