«L’épouse» : L’autre face de la société iranienne





«L’épouse», un long métrage iranien de Mahdi Fakhim Zada, a été projeté lundi à la Maison de la Culture Ibn Rachiq. Le film a embarqué les cinéphiles dans le monde énigmatique des conflits au sein des entreprises en Iran.


Baromètre de la stabilité sociale, l’entreprise est devenue en Iran un espace de jeux où certains enjeux sociaux et économiques sont perceptibles sur tous les plans. Et «L’épouse», ce film iranien offre un aperçu rétrospectif sur les conflits qui résultent des activités des hommes au quotidien au sein de l’entreprise. Au cœur de l’un de ces conflits, on trouve un homme et une femme qui constituent un couple qui gère une entreprise. Dans cette entreprise, des joutes et des conflits éclatent quotidiennement entre le directoire et le personnel. Chaque travailleur devient ainsi un acteur incontournable qui apporte sa contribution à la résolution de la crise. Mais au fil du temps, les conflits se sont tellement accumulés que l’entreprise est devenue un champ de crises ouvertes entre les travailleurs et le premier responsable. Après l’inculpation et l’arrestation de ce dernier pour des raisons de mauvaise gestion, le deuxième directeur ou l’époux a cru qu’il allait être élu à la tête de l’entreprise. Dans cette quête de ce poste très sollicité, il entre en concurrence avec sa propre épouse. Coup de théâtre, le Conseil d’administration de l’entreprise a fini par élire son épouse comme directrice. Et ce fut le début des conflits tant au niveau de l’entreprise qu’au sein du couple.

La face voilée de la société
«L’épouse» braque pleins feux sur le parcours du combattant auquel se livrent les femmes iraniennes en quête d’une ascension sociale rapide et qui tentent de concilier entre la vie familiale et professionnelle dans une société fortement conservatrice. Tourné dans les endroits où la mixité commence à faire son entrée, ce film donne un aperçu général sur les transformations et surtout sur l’intégration difficile des femmes au sein de l’entreprise moderne en Iran. Descriptive et tantôt focalisée sur les mœurs sociales et les transformations qu’elles subissent, la caméra de Mahdi Fakhim Zada immortalise une partie de l’histoire sociale de l’Iran. Le réalisateur et le metteur en scène décrivent d’une façon objective une société iranienne qui bouillonne dans un langage cinématographique où l’engagement et le réalisme font bon ménage. Réalisé en 1993, ce film réunit deux acteurs iraniens renommés en l’occurrence Mahdi Hachmi et Fatma Moutamadaraya. Comme dans bon nombre de films iraniens, c’est la langue perse qui est utilisée dans ce long métrage d’une durée de 100 minutes, projeté avant-hier à la Maison de la Culture Ibn Rachiq, malheureusement, en présence d’une poignée de cinéphiles.

Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com