Le Liban d’abord…





Le double attentat meurtrier, survenu mardi à Bikfaya dans la montagne chrétienne au Nord de Beyrouth, constitue un précédent d’une extrême gravité. Les explosions qui ont pulvérisé deux bus de transport en commun entraînant la mort de onze personnes selon le dernier bilan, compliquent davantage la situation au pays du Cèdre, déjà en proie à une grave crise politique.
A qui profite le crime et quels sont les commanditaires de ces actes terroristes barbares ? Telles sont les questions qui s’imposent d’elles-mêmes au lendemain de cette tragédie. L’origine de ce double attentat reste pour l’heure indéterminée mais la majorité parlementaire libanaise a vite fait de monter au créneau et aller comme d’habitude un peu trop vite en besogne en désignant d’un doigt accusateur la Syrie. Motif invoqué : ces opérations terroristes «visaient à dissuader les Libanais au rassemblement prévu pour le deuxième anniversaire de l’assassinat de Rafic Hariri».
Dans un pays à la croisée des chemins, devenu par la force des choses une arène de confrontations entre des intérêts contradictoires, il est pour le moins difficile de démêler le vrai du faux et de déterminer avec précision le ou les commanditaires de ce crime infect et lâche. Ces attentats sont-ils le fait de services de renseignements étrangers à dessein de semer la zizanie et la discorde entre les ethnies et les confessions libanaises ?
S’agit-il d’actes prémédités destinés à jeter de l’huile sur le feu et partant accélérer la résurgence d’une nouvelle guerre civile ?
Toutes les hypothèses sont en fait possibles pour expliquer les motivations de ce crime dont le timing démontre que ses architectes cherchent à tout prix à saborder toute perspective de réconciliation nationale. Raison pour laquelle il y a lieu d’affirmer sans risque de se hasarder que ces attentats dégagent les relents d’un complot sournois aux objectifs clairs.
Livré à une dure épreuve qui menace l’unité de leur pays, les Libanais, toutes mouvances confondues, ont tout intérêt aujourd’hui à resserrer leurs rangs et à transcender leurs divergences pour dépasser avec succès le cap de cette mauvaise passe. L’union nationale constitue en effet un passage incontournable et la meilleure parade pour prémunir le pays contre les effets pervers des convoitises en tous genres dont il fait l’objet. En un mot, le Liban doit rester au-dessus de toutes considérations et ne saurait être la victime expiatoire d’intérêts strictement personnels de quelque partie que ce soit.
Les Libanais se doivent donc de consacrer la raison et de tourner la page afin d’ouvrir à leur pays de nouvelles perspectives, assurer sa pérennité en lui évitant les tourments d’une effroyable incertitude qui ne sert enfin de compte l’intérêt de personne, si ce n’est celui des ennemis du Liban.

Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com