Conférence de presse du ministre français de la Fonction publique : Quatre axes de coopération pour la modernisation de l’administration publique





La modernisation de la Fonction publique, notamment à travers sa redéfinition, c'est ainsi que M.Christian Jacob, ministre français de la Fonction publique, trace le nouvel axe de la coopération tuniso-française.


Tunis - Le Quotidien
C'est lors d'une conférence de presse tenue, hier, au siège de l'Ecole Nationale d'Administration (ENA), que le ministre français a dévoilé les nouveaux axes de la coopération tuniso-française en matière de Fonction publique. "Je viens de tenir une série de réunions avec mes collègues tunisiens durant lesquelles nous avons évalué les résultats des programmes de coopération en cours. Mais nous avons surtout essayé de réfléchir sur les nouveaux objectifs de ce partenariat", a indiqué le ministre.
Selon ce dernier, ces nouveaux objectifs, qui devront être finalisés d'ici "trois à cinq ans", comporteront quatre axes majeurs : la création en Tunisie d'un répertoire interministériel des métiers (Rime), l'orientation vers un nouveau système d'évaluation mérite, l'individualisation de la Fonction publique et enfin, l’institutionnalisation de la coopération en matière de la formation continue "qui existe déjà avec l'ENA, mais qui doit être généralisée à l'IRA et à d'autres écoles relevant de la Fonction publique", a-t-il précisé.
S'expliquant sur l'impératif de ces nouveaux choix et surtout en ce qui concerne l'évaluation mérite et l'individualisation de l'administration, deux nouveaux concepts qui viennent d'être lancés en France et dont la Tunisie devrait en profiter, le ministre évoque l’expérience française en la matière.
"Après une gestation d'un an durant laquelle nous avons consulté les différents syndicats, tout le monde était d'accord pour dire que le système de notation pour évaluer la rémunération à la performance est devenu désuet". Ceci dans le sens, fait valoir le ministre, où ce système de notation systématique, qui évolue avec l'ancienneté, ne reflète "ni l’évolution réelle de l'agent administratif ni ses ambitions qui devraient être spécifiques".
Ainsi la prime dans le secteur public français ne dépend plus d'une note mais d’une étude individuelle de cas par cas qui prend en compte aussi bien les "performances" de l'agent que sa "contribution dans le développement de l'administration".
"Ceci nous a permis, ajoute le ministre, à individualiser l'administration dans le sens où cette dernière n'est plus un tout mais un ensemble d'individus où chacun a un rôle spécifique à jouer"

Productivité et disponibilité
Cette nouvelle démarche a-t-elle eu des retombées positives en termes de productivité en France ? A cette question, le ministre fait savoir qu'en termes de Fonction publique, il est imprudent de parler de productivité. "Je préfère le terme de disponibilité", dit-il en trouvant dans ce terme une justification de plus à la nouvelle démarche d'évaluation mérite française. "L'administration est par nature non productive. Un train qui dessert une petite localité ne l'est forcément pas. Mais ceci étant, ce service doit être performant et c'est à partir de l'évaluation de cette performance qu'on doit calculer le mérite de ce service".
Enfin, évoquant l'employabilité dans la Fonction publique, le ministre a fait savoir que trouver des emplois n'est pas la vocation de l'administration. "Plus de travailleurs dans le secteur public, c'est plus de dépenses publiques donc plus d'impôts et moins d'initiative privée. Or, souligne-t-il, le rôle de la Fonction publique est, précisément, de créer un environnement favorable à cette dernière".

M.A.B.R.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com