La Rachidia Hommage à Mohamed Saâda : La flûte enchantée ressuscitée !





Les chantres de La Rachidia se revivifient. Du moins par le souvenir.
C’est ce qui ressort du programme annuel de ce prestigieux institut qui rend hommage à des noms qui ont fait de «La Rachidia» ce qu’elle est aujourd’hui.


Avant-hier soir le rendez-vous mensuel s’est tenu autour de l’œuvre de Mohamed Saâda. Au menu de cette rencontre, notamment des «waslas» de malouf signées de la griffe de Mohamed Saâda, quelques intermèdes musicaux interprétés par Chedly Hajji et des enregistrements de nay, instrument fétiche de Mohamed Saâda dont le jeu juste et mesuré enchante. Lui qui a tant donné pour son art est particulièrement apprécié par le public.
Preuve en est: la grande salle de La Rachidia était pleine comme un œuf. Trop étroite, en fait, pour recevoir tant de nostalgiques.
Salma, sa veuve, elle aussi artiste, y était. La chanteuse aujourd’hui reléguée aux oubliettes, nous a parlé avec beaucoup d’amertume de la perte de cet être chéri qu’est Mohamed Saâda. Elle n’a pas manqué par ailleurs de nous parler de la carrière artistique sertie de mérite de son mari. «Depuis qu’il était lycéen, il se déplaçait avec son «nay». Ils étaient inséparables», confie-t-elle. Et d’ajouter «au lendemain de l’Indépendance, Mohamed Saâda qui avait à l’époque 18 ans était professeur de musique au conservatoire. Par la suite, il a enseigné à l’Institut Supérieur de musique. Chose qui l’a amené à donner des conférences à l’étranger en sa qualité d’universitaire. Il a été appelé à occuper des fonctions à la tête du service musical de la radio nationale de 1965 à 1968. Il a conduit la troupe de la Rachidia à l’époque de Zakaria Ben Mustapha».
Salma se rappelle aussi qu’il était le premier fondateur de la chorale pour enfants à la radio dans les années 70. Atteint de bronchite chronique, Mohamed Saâda décède en janvier 2005 après une longue maladie.
Qu’est-il resté aujourd’hui du patrimoine musical que nous laissé Mohamed Saâda? Beaucoup certainement, car l’élève assidu de Salah Mehdi et de Khemaïs Tarnène ne peut que laisser la trace d’un souvenir indélébile. Salma, Oulaya et Naâma… lui doivent des chansons à succès. Sonia M’barek lui a chanté il y a peu «Ya Zahratan» (Ô fleur!). En fait la fine fleur de l’art musical ne fane jamais.

Mona BEN GAMRA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com