GPL pour véhicules : Un engouement et des points d’interrogation





Tunis-Le Quotidien
En Tunisie, les automobilistes s’orientent de plus en plus vers le GPL . Mais cet engouement pour ce carburant alternatif, constaté particulièrement chez les taxistes, tend à se développer en l’absence d’une infrastructure appropriée et suffisamment sécurisante. S’agissant d’un produit extrêmement dangereux, les chauffeurs de taxis qui manifestent un grand intérêt au GPL, s’attendent à ce que les autorités interviennent pour que l’usage de ce carburant soit mieux organisé et plus sécurisé…
Le nombre de nos concitoyens automobilistes à jeter leur dévolu sur le Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL) pour faire carburer leurs véhicules est en passe de s’accroître à un rythme très significatif. L’envolée des cours des hydrocarbures conventionnelles (essence et gasoil) n’a pas tardé à pousser, dès le début, les pouvoirs publics à repenser les choix énergétiques. Dans le domaine du transport qui absorbe la plus grande quantité des produits pétroliers consommés en Tunisie, le choix s'est fixé sur l’encouragement de l’usage des énergies alternatives. Mais malgré les tentatives de certains opérateurs du transport en commun, qui demeurent toujours timides pour ce qui est de l’usage du GPL, on commence toutefois à constater dans quelques villes telles Sfax et Sousse, des véhicules qui attendent en longues files indiennes devant les rares stations de service distribuant le GPL pour véhicules. Face à ce problème, les propriétaires des voitures fonctionnant au GPL s’attendent à ce que les structures compétentes interviennent pour engager des mesures organisationnelles susceptibles de favoriser la multiplication des fournisseurs de GPL pour véhicules. M. Ali Fehri, président de la chambre syndicale des chauffeurs de taxi, estime dans ce sens que les autorités compétentes sont capables d’intervenir. «Pour remédier à cette rareté de fournisseurs du gaz pour véhicules il convient d’offrir aux propriétaires des stations de service des privilèges fiscaux et douaniers pour qu’ils puissent s’équiper en matériels répondant aux normes en vigueur dans le monde, notamment celles de la sécurité», note-t-il.
Outre ce problème de ravitaillement, les automobilistes qui utilisent le GPL sont confrontés à d’autres difficultés qui empêchent jusqu’ici le développement de l’usage de ce carburant alternatif de manière bien structurée. Dans ce sens M. Ali Fehri évoque les difficultés que rencontrent plusieurs propriétaires de taxis lorsqu’ils veulent installer l’équipement nécessaire leur permettant d’exploiter le GPL à bord de leurs véhicules. «Il s’agit généralement d’une opération effectuée par des personnes ne disposant ni de la formation ni de la qualification nécessaires pour que le système soit suffisamment sécurisée».
Et notre interlocuteur de préciser dans le même cadre qu’actuellement il n’y a qu’une dizaine de spécialistes officiellement reconnus par les autorités et autorisés à faire ce genre d’opérations. «Nous avons agi dans le cadre de la chambre syndicale des chauffeurs de taxis pour essayer de trouver une solution à ce problème avec les autres parties intervenantes», indique M. Fehri.
D’après les estimations, ce sont les taxis qui viennent en tête de peloton des voitures utilisant le GPL véhicules. Mais le nombre tend à s’accroître davantage eu égard à l’intérêt au GPL que manifestent de nombreux conducteurs. A voir les voitures roulant au GPL qui encombrent l’entrée des quelques rares stations de ravitaillement il est facile de constater que ce sont des taxis qui font la queue avec d’autres voitures particulières immatriculées notamment à l’étranger. Tout laisse à croire alors que pour les taxis le GPL est désormais à la mode. Au niveau des concessionnaires automobiles on serait peut-être appelé à repenser les choix des modèles à importer. Une remarque qui n’a pas échappé aux professionnels du transport: «Nous avons adressé une correspondance au ministère du Commerce dans laquelle nous proposons que les concessionnaires automobiles se chargent de l’importation de véhicules fonctionnant au GPL. Nous attendons toujours la réponse à notre proposition», nous confirme le président du syndicat des chauffeurs de taxis.

Hassen GHÉDIRI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com