Les jeunes et l’agressivité : Dos au mur, difficile de se retenir !…





Il semble qu’un grand nombre de jeunes ont recours à la violence sans discernement. Ils cherchent facilement l’affrontement et semblent naturellement disposés aux hostilités et à l’agressivité.
Ils s’enflamment au quart de tour sans prendre en considération les répercussions de leurs actes. Pourquoi? Comment est-ce que les jeunes règlent-ils justement leurs désaccords ?


Tunis-Le Quotidien
Face à certaines situations tendues, il est difficile pour l’être humain de garder son calme et d’agir avec adresse. Généralement, lorsque les choses échappent à notre contrôle, l’on devient aptes à commettre des erreurs. Les jeunes, réputés pour leur nature rebelle, ne sauraient donc agir avec tact et délicatesse dans leurs rapports humains, doigté et finesse semblant leur faire défaut. Le comportement agressif marque ainsi les relations juvéniles. Les échanges avec autrui sont souvent sous une forme de diarrhée verbale et d’un flot intarissable de paroles outrées et les situations conflictuelles mènent certains jeunes à des épreuves de force. L’agressivité verbale est leur premier recours lors des désaccords. Une autre catégorie de jeunes, en revanche, aime les manières soft pour aplanir les différends. Ils agissent avec finesse, avec des arguments solides. Et entre les uns et les autres, nombre de jeunes n’utilisent la force que dans les situations extrêmes. Ils préfèrent ignorer un vis-à-vis trop entêté et tenace pour que les choses ne dégénèrent pas. D’ailleurs, le fait de riposter à des provocateurs invétérés prouve implicitement que l’on est capable de descendre à un niveau aussi bas qu’eux surtout si le jeu ne vaut pas la chandelle.
Maroua, élève de 18 ans, semble très nerveuse. La jeune fille déteste le fait de s’emporter trop vite. Mais elle n’arrive pas à garder son sang froid. «Je suis persuadée que l’énervement et la force ne résolvent jamais le problème. Lorsqu’on me provoque, j’essaye de garder mon calme mais je n’y arrive pas du tout. Depuis toute petite, j’ai eu un tempérament très nerveux. Cela dit, même si la force ne gomme pas les dessous des conflits, cela permet à la personne de se protéger d’une manière ou d’une autre. Lorsqu’on se met dans tous ses états, notre interlocuteur est forcé de calculer ses actes et ses paroles pour que les choses ne dégénèrent pas. Toutefois, je ne dis pas que la force soit le meilleur moyen de se défendre, mais je crois à ce que la meilleure défense demeure l’attaque. Ceux qui ne ripostent pas du tout seraient pris pour des personnes faibles et incapables de répondre et de se défendre. Si l’on va agir avec tact et finesse avec des personnes complètement bornées, cela fera monter davantage la tension. Certes, s’il s’agit d’un conflit avec un étranger, il vaut mieux couper les ponts et ignorer le problème. Par contre, s’agissant de quelqu’un qu’on estime, il faut se donner la peine d’agir avec diplomatie pour que la relation continue d’exister. Or, je ne suis pas capable d’agir ainsi, il m’arrive souvent de riposter avec force aux personnes que j’aime parce que je ne supporte pas d’être en désaccord avec elles. Je déteste agir ainsi, mais je n’arrive pas à me montrer moins impulsive et moins nerveuse», dit-elle.
Wadii, candidat au bac de 19 ans, dit qu’il n’utilise pas la force. De nature calme, Wadii, ne s’énerve pas facilement. «Mis à part un seul secteur sur lequel je suis vraiment intransigeant, je ne pense pas avoir utilisé la force une seule fois. Je suis un fanatique de l’Espérance Sportive de Tunis et si l’on se met à critiquer mon équipe favorite, je peux me transformer soudainement en un être complètement féroce et je ne sais plus ce que je fais ni ce que je dis. Par contre, j’ai une nature calme et pacifiste. Si je suis en désaccord avec quelqu’un, je fais en sorte de garder mon sang-froid et de lui expliquer mon point de vue sans jamais m’emporter. D’ailleurs, je juge ceux qui arrivent à tenir une conversation avec des personnes qui sont hostiles à leur avis, comme des personnes civilisées. Je prends la peine d’écouter, d’expliquer et d’argumenter. Si j’arrive à convaincre mon interlocuteur, c’est tant mieux. Si je n’y arrive pas, je respecte son point de vue. Toutefois, cela dépend des situations et des personnes en question. Si je respecte la personne avec laquelle je m’entretiens, je fais un effort et j’agis avec tact et finesse. Par contre, si mon vis-à-vis est quelqu’un que je n’estime pas, je lui réponds du tac au tac et il est aussitôt remis à sa place. D’autres, beaucoup moins courageux, essayent de me provoquer sans m’affronter. Leur but est de jouer sur la solidité de mes nerfs. Ces personnes-là, je ne les considère même pas parce qu’elles ne valent absolument rien pour moi et leurs tentatives de m’énerver échouent à tous les coups parce que j’ai une très grande confiance en moi. Ce n’est pas une bande de délinquants bourrée de complexe qui va me déstabiliser. En plus, je crois qu’ils ont un niveau très bas, si je vais entrer dans leur jeu, cela veut dire que je suis descendu à un niveau aussi bas qu’eux et c’est un plaisir que je ne leur offrirai jamais ! J’agis exactement de la même manière avec ceux qui veulent faire les intéressants et qui provoquent des tensions rien que pour se faire remarquer, alors qu’ils sont vides. Le meilleur remède est de les ignorer complètement, ils finiront par lâcher prise et de comprendre leur propre valeur», dit-il.
Nizar, 18 ans, est, contrairement à son ami, très nerveux. Toutefois, il fait des efforts énormes pour garder son sang froid. «Je suis nerveux et je ne peux pas contrôler mes pulsions. Il faut dire que l’âge jeune pousse la personne à agir avec impulsivité et ne jamais calculer les répercussions de son acte. S’agissant d’un grand problème ou d’une grande tension, je ne peux pas m’empêcher de réagir avec agressivité. Si le problème est infime ou que les personnes avec qui je suis en désaccord n’ont pas d’importance à mes yeux, je les ignore complètement. La force ne mène à rien avec eux. Ils veulent juste trouver un moyen de passer leur temps libre. Moi, j’ai d’autres chats à fouetter ! Mais si je me mets en désaccord avec quelqu’un que j’apprécie vraiment, j’essaye de garder mon calme pour que les choses ne dégénèrent pas. J’entretiens avec lui un discours serein pour essayer d’atténuer la tension et de dépasser la crise. S’il s’entête à rouspéter, j’utilise le langage de la force, c’est ma dernière alternative», dit-il.

Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com