Mongi Maâtoug (Pdt de l’UAPT) : «On ne peut pas plaire à tout le monde»





Les questions qui touchent au secteur des arts plastiques en Tunisie reviennent chaque fois comme un leitmotiv. Les réponses on les a cherchées auprès du président actuel de l’Union des artistes plasticiens, M. Mongi Maâtoug.


 


Comment se porte le secteur des arts plastiques en Tunisie?


Le social est très important dans le domaine des arts plastiques, chose qui fait horriblement défaut actuellement. Il y a un désistement de la part des collectionneurs d’art. Toutes les galeries s’en plaignent. Aujourd’hui, rares sont les artistes qui vivent de leur art.


L’Etat reste le meilleur, si ce n’est l’unique collectionneur.


Il y a beaucoup de travail à faire au niveau social pour parrainer la toile dans un circuit économique régulier.


 


Quelles sont les raisons du désistement des collectionneurs privés?


Plusieurs éléments entrent en jeu. Les traditions sont contre l’image. Elles ont donné à l’œuvre picturale une connotation dans le sens épistémologique du terme. Les arts plastiques sont restés dans notre pays “un secteur bourgeois”.


 


Pourquoi certains artistes boudent-ils l’Union?


C’est une erreur que ces artistes boudent leur union, surtout s’il n’y a pas de raison à proprement parler. Car de cette manière-là  ils laissent la place aux amateurs.


Aujourd’hui, l’UAPT est devenue une union de masse. On ne peut pas plaire à tout le monde. On fait de notre mieux pour sélectionner un bon produit.


Les tableaux qui sont exposés du côté du Palais Kheireddine et de la Maison des Arts du Belvédère ont été triés au peigne fin par un comité présidé par Abdellaziz Krib.


 


Puisqu’on y est, quel est votre bilan de l’expo 2006 de l’UAPT?


Cette année on a travaillé sur un thème : “Cité et société”. Cela nous a amenés à ne sélectionner que 136 artistes dont on a exposé les œuvres dans les deux espaces cités.


On a invité des artistes monégasques dans le cadre de l’ouverture de l’UAPT sur les pays frères et amis.


On veut faire de l’expo de l’union un festival international. Bien que c’est très lourd à gérer. Le ministère de tutelle a financé, cette année, le séjour de nos invités de Monaco.


Par ailleurs, il y a un point important qu’on devrait mentionner : l’Union doit créer des catégories d’artistes pour faire distinguer les artistes chevronnés des novices. Actuellement, ils sont placés sur un pied d’égalité, et ce n’est pas normal.


 


On s’accorde à dire que  les artistes plasticiens sont peu actifs en matière d’animation de la ville. Qu’en pensez-vous?


C’est une question d’éducation.  On devrait miser sur les jeunes générations qui devraient accorder plus d’importance aux art plastiques.


A quoi bon se mettre à dessiner en plein centre ville pour être  mal pris?


 


La démocratisation des arts plastiques est-elle pour bientôt?


Cela ne peut pas se faire car une œuvre d’art requiert un travail colossal pour être finie.


On peut peut-être parler d’un marché de l’art où l’on expose à des prix étudié des aquarelles, des dessins en petit format.


Celui qui sait apprécier une œuvre qu’il l’achète.


Une œuvre d’art n’est pas un petit pain que l’on achète selon les exigences de la mode. L’art, c’est plus grand que ça.


 


Propos recueillis par


Mona Ben Gamra




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com