Assemblée générale des jeunes avocats : Entre défense de la robe noire et enjeux électoraux





Tunis - Le Quotidien
L’Assemblée  générale annuelle de l’Association tunisienne des jeunes avocats (ATJA) prévue pour le 30 courant s’annonce extrêmement chaude. Et pour cause...
A environ trois mois du renouvellement des structures du barreau, la démission des avocats semble atteindre son paroxysme. A preuve: quelques 500 «robes noires» seulement ont participé à l’Assemblée générale du Conseil de l’Ordre qui s’est tenue les 10 et 11 février. Cette passivité a pour toile de fond la grogne montante nourrie par la situation morale et matérielle des gens de la profession. Il n’empêche que plusieurs candidats pour le bâtonnat et la présidence de la section de Tunis ont déjà commencé leurs campagnes électorales.
C’est dans ce contexte marqué par la montée de l’effervescence électorale que l’ATJA tiendra son assemblée générale annuelle.
Conséquence: le débat sur le bilan des activités du Comité directeur de l’association issu de l’Assemblée générale élective de mars 2006 sera très houleux. D’autant plus que les frictions entre le Conseil de l’Ordre et le Comité directeur couvent encore sous la cendre. «L’association gère la pénurie depuis plus  d’un an. Le Conseil de l’Ordre refuse toujours de lui verser la subvention pour des considérations politiques. C’est incompréhensible puisque le Comité directeur a été élu démocratiquement», maugrée M. Lotfi Larbi, président de l’association. Et d’ajouter: «En dépit des difficultés financières, le bilan a été positif. Plusieurs acquis ont été réalisés au profit des jeunes avocats».
Concrètement, l’association a réussi à organiser une série de conférences et de sessions de formation portant sur la déontologie du métier, l’arbitrage, les défis de la libéralisation du secteur des services.
Sur le plan matériel, les avocats stagiaires ont pu bénéficier d’une subvention accordée par l’Etat, de crédits-voitures et de voyages à tarif réduit en vertu des conventions signées entre l’association et des banques commerciales.
Les détracteurs du Comité directeur composé exclusivement d’avocats constitutionnels lui reprochent d’avoir «privilégié» les avocats partageant leurs points de vue». Un avocat de l’ancienne génération qui a préféré garder l’anonymat estime que «la majorité des robes noires en herbe a boycotté les activités de l’association en raison de ces pratiques sectaires».
Ces avis partagés laissent croire que l’Assemblée générale de l’ATJA sera avant tout une occasion pour mesurer le rapport de force à la veille de la course électorale.

W.K.



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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com