Traitement du diabète : Les nouvelles insulines font la tendance





Tunis - Le Quotidien


Décidément, les nouvelles insulines sont le produit tendance ou fétiche de certains laboratoires pharmaceutiques.


Plus de deux ans après la glargine, un autre analogue de l’insuline, détémir en l’occurrence, a été lancé sur le marché tunisien. Plus précisément, cette insuline est disponible dans les pharmacies à partir  d’hier. Il semble que la concurrence est le plus souvent du côté du consommateur.


En effet, le diabétique tunisien ou encore son médecin traitant, ont de plus en plus de choix. En tout cas, le laboratoire Novo Nordisk n’a pas manqué de prévoir une sortie en fanfare de son insuline sur le marché local. Un symposium et un dîner-gala ont été organisés à ce titre à l’Acropolium de Carthage, samedi dernier. Devant les communications plutôt techniques, les explications du Professeur Sadok Gaigi, de l’Institut de Nutrition et le Président de l’Association Tunisienne des sciences médicales  sont incon-  tournables.


 


Prévalence en hausse


Dr. Gaigi a souligné à cet effet que la prévalence du diabète en Tunisie est en train de grimper. Il se trouve que le pays est marqué par une transition épidémiologique incontestable.


Le mode de vie et d’alimentation en sont largement responsables. Pour preuve, l’obésité gagne également du terrain. D’ailleurs, ensemble, le diabète et l’obésité forment un couple en parfaite symbiose.


Cela étant, le Pr. Gaigi précise que le diabète est certes une maladie chronique, mais requiert un auto-contrôle pour réduire sa gravité. Car elle risque d’entraîner l’HTA, la rétinopathie, la néphropathie ou la neuropathie. Pour parer à ces différentes complications, le spécialiste plaide pour une bonne prise en charge qui concilie l’éducation au comportement alimentaire. Et ce, avec en même temps le meilleur traitement. Le Pr Gaigi souligne que cette prise en charge passe pas des étapes.


En matière de diabète, 20% des malades sont à insuliner dès le départ. D’où le souci d’obtenir le meilleur équilibre de ce diabète : “C’est à dire trouver le produit le plus efficace”, explique le Pr. Gaigi. Et d’ajouter que pour le diabète de type 1, l’insuline et passée par différentes étapes historiques. La NPH est l’avant-dernière. Elle s’injecte mais son pic du taux d’insulinémie correspond à des hypoglycémies. D’après le spécialiste “on a besoin alors d’une insuline dont la courbe est beaucoup plus plate, sans pic et dont la durée d’action couvre la journée.


Car dans ce cas, elle n’entraîne pas d’hypoglycémie”.


A partir de là, l’action de l’insuline est optimisée. De plus, les spécialistes cherchent une même action chez toutes les personnes.


Résultat : “avec ces nouvelles insulines, on a une meilleure couverture sans pic et sans hypoglycémie, et une action prévisible”, affirme le Pr Gaigi.


 


L’obésité de tous les risques


Pour sa part, le Pr Khemaïes Nagati, de l’Institut de Nutrition a consacré sa communication à l’obésité et l’insulinorésistance.


D’emblée, il a mis en garde contre l’obésité abdominale. En effet, cette graisse et dangereuse. Elle intervient dans la prévalence de plusieurs problèmes de santé. Il s’agit d’un véritable foyer de maladies. Pourtant, beaucoup de nos concitoyens continuent d’ignorer la fatalité de cet indice de masse caporelle (IMC) auquel l’OMS accorde un intérêt particulier.


D’après le Pr. Nagati, l’obésité va de pair avec l’insulinorésistance, outre son implication dans l’HTA, le cancer du sein et de la prostate, l’infertilité, etc ...


Selon les résultats d’une enquête nationale, l’obésité est plutôt une affaire féminine à partir de 30 ans. Sa prévalence est en nette expansion avec une palme qui revient aux régions côtières. D’ailleurs ce constat valable également pour la prévalence du diabète.


Ce constat alarmant en fait, est confirmé par ailleurs par les résultats d’un travail de recherche mené par Latifa Beltaïfa, de l’Institut de Nutrition. Cette étude révèle que les femmes sont quatre fois plus obèses au-delà de 50 ans. Parmi les raisons de cet état des lieux inquiétant, les blouses blanches pointent du doigt le bouleversement total de l’alimentation des Tunisiens.


Ceux-ci, ne mangent plus comme avant. Ils n’hésitent pas à combler leurs creux du ventre par n’importe quoi. D’autant qu’ils sont de plus en plus sédentaires. Nombreux sont les ménages qui possèdent des voitures et qui sont cloîtrés chez eux devant la parabole à grignoter des heures durant.


Pour ce qui est des nouvelles insulines elles sont sans doute plus pratiques. Il s’agit d’un stylo qui permet d’injecter la dose prescrite.


L’insuline détémir, comme l’affirme son laboratoire semble présenter un meilleur contrôle de la prise du poids qui constitue un souci moyen en insulinothérapie.


Cependant, “bien que les deux analogues (glargine et détémir) soient pratiquement équipotentes à l’insuline NPH, on a remarqué que la dose quotidienne totale devait être réduite d’environ 20% lorsqu’on passait de l’insuline NPH, deux fois par jour, à la glargine, une fois par jour. Une telle situation n’a pas été prouvée avec la détémir, mais il est prudent d’agir de cette façon pour l’instant”, affirme la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec dans un article intitulé “Du nouveau dans le traitement du diabète”.


 


M. Kada




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com