Exposition Si le gris m’était conté !





Ils ont en commun l’amour pour la couleur grise. Mais leurs techniques sont différentes. Hassen Ben Lakhal, Jamel Sghaïer et Mohamed Ali Belkadhi qui exposent depuis le 9 mars à la Galerie d’Art et d’Essai «Le Damier», nous font plonger dans un style pictural où le réel, la méditation et la contemplation font bon ménage.


 


«La couleur grise… aussi», titre choisi pour cette exposition qui se poursuit au 4 avril est très percutant. Il témoigne de l’attachement des trois exposants à donner, à travers leurs œuvres, corps et âme à la couleur grise qui, selon Hassen Ben Lakhal, est une couleur mystique qui incite à la contemplation, la réflexion et la méditation. Car dans le gris, tout se conjugue et toutes les couleurs se joignent à travers un mixage inédit qui dépend de l’intuition du peintre. Raison pour laquelle Hassen Ben Lakhal, Jamel Sghaïer et Mohamed Belkadhi ont choisi de traiter, chacun à sa manière, le thème de la couleur grise à travers leurs œuvres. Tantôt c’est à travers l’art abstrait que les peintres ont tenté de restituer cette couleur, tantôt grâce à des techniques mixtes que les œuvres des peintres ont donné vie et âme au gris et ce, à travers diverses formes et figurines. Pour sa part Hassen Ben Lakhal a mis l’accent dans ses tableaux sur la peinture pure, l’acrylique, la toile et le collage sur bois, tandis que Jamel Sghaïer utilise le collage avec finesse et une certaine maîtrise de cette technique. Quant à Mohamed Ali Belkadhi, le collage de journaux sur bois, demeure sa technique préférée.


Les trois artistes ont aussi un autre point commun, celui de n’avoir pas donné un titre à leurs œuvres.


Souvent devant certaines œuvres, le visiteur a comme l’impression d’être perdu. Car chacune des 29 œuvres, présente la couleur grise sous un angle spécifique. Tantôt c’est une tâche grise qui est représentée au milieu d’une œuvre, à travers des formes géométriques, comme on en voit dans les œuvres de Jamel Sghaïer. Parfois, on voit le gris dominer dans le fond du tableau et où les formes sont immortalisées par d’autres couleurs. Quant à Mohamed Ali Belkadhi, il a utilisé doublement le gris aussi bien dans le fond que dans les formes de ses tableaux. En contemplant de très près son travail, on a l’impression que certaines des œuvres présentent des formes parfois déformées, difficiles à appréhender ou à décrypter. Mais s’agissant des formes -même des tableaux- elles varient d’un peintre à l’autre. Mohamed Belkadhi a opté, pour sa part, pour des œuvres de grand format, tandis que les autres ont concocté des tableaux de formats variables. Toutefois, le point commun à tous les trois peintres, c’est qu’ils présentent le gris sou sa couleur naturelle, à savoir en tant que couleur de la cendre et du brouillard.


 


Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com