De quelle vie rêvent les jeunes ? Chacun selon ses moyens





Chaque être humain caresse un rêve qui lui tient à cœur et des objectifs à atteindre. Sauf que pour parvenir à réaliser un rêve, il faut d’abord disposer des moyens adéquats. Les jeunes semblent en tout cas fixer des finalités. De quel genre de vie rêvent-ils ? Et comment comptent-ils y parvenir ?


 


Tunis-Le Quotidien


Depuis la tendre enfance, chacun se met à rêver de sa vie future. Au fur et à mesure que l’on grandit, nos rêves changent. Une sorte de maturité qui se reflète même dans nos rêves en fonction de nos nouvelles aspirations et de nos nouveaux acquis. Certains jeunes gens, se permettent toutefois de viser beaucoup plus haut que leurs capacités ne le permettent. Ils se permettent de croire à une cause qui n’est pas du tout évidente ! Nombre de jeunes aspirent dans ce cadre à un niveau de vie assez élevé. Ils ne peuvent pas imaginer leur existence en dehors du confort. A priori, plus on vise haut, plus nous sommes redevables de persévérer et de cravacher dur. La conjoncture actuelle implique un grand sérieux et un gros labeur. D’ailleurs les élèves et les étudiants très brillants qui ont toujours gagné les premiers rangs, ne doivent pas trop se soucier de leur avenir dans la mesure où ils récolteront plus tard les fruits de ce qu’ils ont semé auparavant. En revanche, ceux qui ne se sont jamais donné de peine spécifique, s’inquiètent pour leur avenir. Ils savent qu’ils n’ont rien de vraiment spécial qui leur ouvrira des horizons. Les partisans du moindre effort ont la manie d’être les premiers en matière de revendication et les derniers à s’acquitter de leurs devoirs. Il est donc évident que si chacun y met du sien, il  pourra rendre ses rêves réalisables. Par contre, si une personne cible des objectifs sans fournir aucun effet, il aura beaucoup de mal à les réaliser… Bon nombre de jeunes semblent rêver d’une vie qu’ils ne peuvent pas atteindre. Normal, ils n’ont rien fait pour se rapprocher de la concrétisation de leur rêve. D’autres en revanche, avancent à pas rassurés et savent ce qu’ils veulent et comment y arriver.


Amen Allah, 19 ans, dit qu’il n’aspire pas à une « five stars ». Raisonnable, le jeune homme se contenterait d’atteindre un niveau de vie respectable. « Il est vrai que l’idée de devenir riche fait partie des rêves de la majorité des êtres humains. Mais seuls ceux qui ont les moyens ont le droit d’en faire une finalité. Je n’ai jamais été spécialement brillant aux études, je ne suis pas surdoué dans une branche ou un domaine, je n’ai pas des capacités physiques élevées et je ne suis pas spécialement doué pour les arts. En partant de cette vérité, je ne peux pas par exemple aspirer à devenir artiste, footballeur ou médecin de renom. Ma vie future, je dois la prévoir tout en gardant les pieds sur terre. Mes études sont mon unique moyen pour réaliser mes aspirations. Toutefois, j’ai un penchant spécial pour l’informatique et je suis des cours spécialisés dans ce domaine depuis presque deux ans. C’est un domaine qui n’est pas saturé et toutes les compétences en informatique peuvent se permettre d’aspirer à des horizons nouveaux. Les perspectives dans le domaine électronique et informatique peuvent nous offrir un avenir professionnel assez serein, et c’est mon rêve primordial à présent. N’empêche que je poursuivrai normalement mes études et l’année prochaine, je passerai le bac. Si j’arrive à décrocher mon diplôme, j’opterai pour une branche dans ce domaine et si par malheur je n’aurai pas mon bac, j’opterai pour une formation professionnelle et je ferai en sorte de m’installer pour mon propre compte. Une fois que j’aurai un revenu fixe et estimable, je penserai à m’octroyer une maison et une voiture. Ensuite, je penserai au mariage », dit-il.


Khaled, 19 ans, souhaite depuis l’enfance d’intégrer le corps militaire et il tient toujours à ce rêve. Pour y parvenir, Khaled n’a qu’à étudier. « Il est vrai que je ne peux pas dire que je suis un élève brillant. C’est à peine si j’arrive à réussir. Je n’ai personne à blâmer à part moi-même puis que je n’ai pas pris mes études au sérieux et lorsque je me suis rendu compte qu’il fallait être plus persévérant, j’ai su que j’avais plusieurs lacunes. Il est difficile que je puisse tout rattraper maintenant même si je redoublais d’effort. Toutefois, je crois que mon rêve reste réalisable. Je n’aspire pas à une vie spécialement luxueuse et confortable. Tout ce que je souhaite, c’est d’avoir un poste stable au sein du corps militaire, de vivre un minimum de stabilité, d’être à l’abri du besoin et de pouvoir fonder une famille», dit-il.


Mohamed, 18 ans, n’a pas une idée claire sur son avenir et sur ce qu’il compte faire. Tout ce à quoi il aspire, c’est de pouvoir vivre une vie assez aisée. « Je n’ai aucun atout spécial qui me permette d’avoir une idée claire sur mon avenir. Je suis en train d’étudier et je fais en sorte de réussir mes études pour me garantir une certaine quiétude. Je ne compte que sur mes études. Et pour vivre tranquillement, j’ai besoin d’avoir un poste stable. Je sais toutefois que les perspectives seront offertes aux plus brillants et aux plus compétents. Je compte approfondir mes connaissances en informatique et parfaire mes acquis en anglais pour maximiser mes chances d’avoir un poste intéressant et d’avenir», dit-il.


Bilel, 18 ans, rêve de devenir riche. Le jeune homme ne compte pas faire un effort spécial pour y parvenir… « Je vais avoir bientôt un héritage qui me permettra d’avoir ma propre maison, une voiture et une petite somme d’argent qui me servira pour me marier. Je crois que celui qui arrive à s’octroyer ces choses peut se considérer comme un homme riche dans la mesure où il n’aura pas besoin de prêts ou de crédits et il gardera son salaire pour lui. Je ne veux pas monter de projet parce que de nos jours seuls les projets à très grand capital ont une chance de réussir. Je préfère franchement  avoir un travail administratif. D’abord parce que je n’ai pas les qualités d’un leader, de plus cela me permettra d’avoir un revenu fixe que je saurai gérer suivant mes besoins. Une fois stable, je penserai à convoler en justes noces», dit-il.


Béchir, élève, 18 ans, pense que nul ne peut prévoir ce que l’avenir lui réserve. Toutefois, le jeune homme trouve qu’il faut avoir les moyens de son rêve. « Je ne peux pas rêver de richesse si je sais d’avance que je n’ai pas les moyens d’y parvenir. Je souhaite juste vivre à l’abri du besoin. Pour ce faire, je compte sur mes études et mon sens de la débrouillardise. Je compte mettre les bouchées doubles pour réussir et aller à l’université afin d’avoir un diplôme qui me permettra d’avoir un revenu fixe et de vivre une vie stable. En parallèle, je sais que je dois beaucoup attendre avant de pouvoir me marier si je compte uniquement sur mon salaire. Je compte donc ouvrir un petit magasin de commerce qui me permettra d’arrondir mes fins de mois et qui me donnera l’occasion d’avoir une petite somme de côté. Il suffit que je trouve un appui pour que je réalise ces objectifs. Mes parents m’aideront pour y parvenir. Une fois que tout est dans l’ordre, je pourrais me marier et fonder une famille », dit-il.


 


Abir CHEMLI     




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com