Cinéma «Abderrahmane Ibn Khaldoun» : Peut mieux faire…





Réalisé par Habib Messelmani, le film «Abderrahmane Ibn Khaldoun » n’est point à l’image de ce grand savant qui a marqué l’histoire de l’humanité. Cette nouvelle production souffre de nombreuses défaillances.


 


2006 a été décrétée l’année Ibn Khaldoun. Une année intense et très mouvementée comme le fut la vie de ce savant hors pair. C’est justement dans ce cadre que s’inscrit le dernier film traitant du parcours d’Ibn Khaldoun présenté, avant –hier, dans un hôtel de la place. C’est en présence notamment de représentants du corps diplomatique de l’Iran, l’Algérie, le Maroc, le Soudan, la Mauritanie et la Libye que ce film a été projeté dans une salle archi-comble qui a vu également la présence de représentant des médias nationaux et internationaux.


Réalisé dans «un temps record», selon les déclarations de la productrice Hajer Ben Nasr et son équipe, ce film n’a pas été à la hauteur des attentes et a recelé plusieurs lacunes. Relatant quelques bribes de la vie politique du grand savant, cette production porte la signature de Habib Messelmani pour la réalisation et Ali Dib et Mohamed Ben Mahmoud pour le scénario et le dialogue. La grande expérience de ces trois noms du cinéma tunisien n’a pas réussi malheureusement à sauver cette production d’une certaine platitude et de cette lenteur qui ont ponctué quelques passages. Une lenteur due notamment au recours à la technique du «flash back» et à une démarche linéaire très discutable. Sur le plan linguistique, un bon nombre de comédiens ont fait preuve d’une bonne maîtrise de la langue arabe et ont bien articulé les mots, rappelant l’âge d’or de la langue arabe. Sur cette note d’espoir, le réalisateur a inséré les témoignages d’éminents chercheurs de la région du Maghreb dont on cite notre philosophe et penseur Abdelwaheb Bouhdiba.


Entouré d’une brochette de comédiens professionnels comme Ali Khemiri, Lamia Amri, Younès Ferhi, et Fethi Messelmani…, le réalisateur n’a pas pu relever le défi du grand Ibn Khaldoun. Et si le comédien Ali Khemiri a réussi avec un certain brio à se glisser dans la peau d’Ibn Khaldoun à l’âge adulte, ce ne fut pas le cas pour le jeune comédien qui a joué le rôle de ce savant durant sa jeunesse. Dans ce même ordre d’idées, ce film a subi plusieurs entraves dans le choix du décor et des lieux du tournage. Il faut dire que si le spectateur ne connaît pas le parcours du grand Ibn Khaldoun et certains détails de sa vie, il risque de se perdre en l’absence d’une identité architecturale propre à chacun des pays visités par le savant.


En tournant cette œuvre, le réalisateur et toute l’équipe de la production ont oublié que le cachet architectural change et que chaque région a son propre style vestimentaire. Réalisé avec peu de moyens, le film est moyen dans l’ensemble et même un cran au-dessous par rapport à la renommée d’Ibn Khaldoun qui reste un phare et une référence intarissables pour l’humanité.


 


Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com