Lutte contre la contrefaçon et le commerce parallèle : La guerre à la source aura-t-elle lieu ?





En attendant que les barons du marché parallèle et de la contrefaçon tombent dans les filets des services de lutte contre le commerce illégal, les autorités déclarent avoir réussi un premier coup en démasquant les points de transit par lesquels passent les marchandises douteuses avant d’arriver dans les points de distribution.


 



 


Tunis-Le Quotidien


Les déclarations des officiels, lorsqu’il s’agit de parler du phénomène du commerce parallèle, annonçant que les autorités œuvrent pour éradiquer le phénomène, sont-elles enfin en train de se concrétiser par des faits réels? Il semble que oui. C’est du moins ce qu’on vient d’annoncer, du côté du Ministère du Commerce et de l’Artisanat. D’après les responsables de ce ministère, les premières pièces de l’énigme se sont déjà identifiées. Elles concernent le réseau interne dans lequel les petits «dealers» camouflaient la circulation des marchandises en contrefaçon, dans les circuits clandestins du commerce parallèle mais aussi, au nez et la barbe des autorités, dans certains espaces présumés «sous contrôle».  En attendant qu’il y ait une réelle volonté d’identifier et de «neutraliser» les «barons» qui détiennent les ficelles de ce trafic, les autorités estiment qu’une étape importante a été bel et bien franchie dans la reconstitution du puzzle. Le procédé consistant à passer les circuits du commerce intérieur, du Nord au Sud, d’Est en Ouest, au peigne fin, a permis selon nos sources au ministère de tutelle, de dresser une carte sur laquelle sont localisés les zones de regroupement de marchandises provenant de l’étranger, leurs points de transit et les circuits par lesquels elles arrivent au consommateur.


A travers une approche consistant à intervenir chaque fois dans un circuit de commercialisation d’un produit bien défini, l’opération coup de poing engagée dernièrement contre la commercialisation de friandises (chocolats, bonbons, chewing-gum…) dont l’origine de fabrication est inconnue, a permis en fait de dresser les itinéraires par lesquels passaient ces marchandises. Ce circuit devrait être le même, en fait, que ceux par lesquels transitaient tous types de marchandises commercialisées au marché parallèle. Une fois à l’intérieur de nos frontières, les marchandises qui réussissent à passer entre les mailles des filets de la douane, débarquent à la capitale où elles sont rassemblées clandestinement dans des dépôts situés à proximité de certaines gares de taxis et de louages, principaux moyens de transport de ces marchandises, (El Kherba, Sidi Boumendil). Ensuite, c’est au réseau de distributeurs de prendre la relève et de dispatcher des centaines de milliers d’articles en tous genres, à travers tout le territoire du pays. Les premiers maillons dans la chaîne sont les grossistes de la capitale et les commerçants établis dans le fameux souk de Ben Guardane au Sud du pays, qui fournissent les  détaillants. Outre les marchands ambulants et les circuits du commerce parallèle déjà connus, des commerçants opérant dans les quartiers caractérisés par une dynamique commerciale plus ou moins importante, figurent désormais sur la liste des cibles contre lesquelles les autorités déclarent être déterminées à leur livrer bataille. Mais ce choix ne risque-t-il pas d’essuyer un échec puisqu’en haut il y a toujours les barons de ce trafic, les mains libres, qui inondent  le pays par ces marchandises? La question demeure sans réponse !


 


Hassen GHEDIRI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com