Duel de gardiens de but : Quand Mathlouthi accule Kasraoui dans ses derniers retranchements
Le Sommet de la 19ème journée du championnat de la L1 entre l’ESS et l’EST a mis face à face deux gardiens de but de la nouvelle génération: Aymen Mathlouthi et Hamdi Kasraoui.
Le troisième larron Adel Nefzi ayant été écarté pour les raisons que le staff technique national a, malhabilement, porté à la connaissance de l’opinion sportive cependant que le vieux monument Ali Boumnijel sert désormais de complément au décor, la course aux bois de l’équipe de Tunisie se circonscrit à un mano-a-mano entre Mathlouthi et Kasraoui.
Le classique étoilo-espérantiste donnait ainsi l’occasion de prendre le pouls de cette rivalité haute en couleur entre les deux portiers qui vont porter durant au moins une bonne décennie, l’héritage du gardien quadragénaire du Club Africain. Cet examen a été franc, décisif et ne laissa pas place au doute: Mathlouthi est à coup sûr mieux qu’une solution de rechange. Il représente une carte sûre, crédible et peut-être même gagnante dans l’avenir.
La différence a été faite notamment dans le jeu aérien où le portier sang et or se montra fébrile, hésitant, ratant nombre de sorties et mettant en danger son arrière-garde, soit tout à fait le contraire du numéro un étoilé qui couronna sa brillante prestation par un premier arrêt sur le penalty exécuté par un spécialiste de l’exercice, Kamel Zaïem, avant d’abdiquer, au milieu d’une défense figée et sans réaction, sur la reprise à bout portant du milieu international sang et or. Il est certain que le naufrage collectif de son arrière-garde ajouta aux malheurs de Kasraoui qui laissa tranquillement sortir en corner un ballon pourtant touché en dernier lieu par son coéquipier Mahjoubi (50ème minute), ce qui dénote d’un déficit de concentration. Le but pris dès la 2ème minute et sur lequel il ne fut pas irréprochable a conditionné dans une bonne mesure la sortie en dents de scie, voire peu rassurante, du portier titulaire chez les Aigles de Carthage. Un scénario de déjà-vu, tant Sabeur Ben Frej n’était pas, samedi, à son premier but de la tête sur une balle arrêtée (cette fois-ci un corner exécuté par Mériah et repris au deuxième poteau par le latéral droit-buteur étoilé). A la 17ème minute, d’ailleurs, le même scénario a failli se répéter, avec toujours, Ben Frej à la récupération et Kasraoui ratant cruellement sa sortie aérienne. Pourtant, si Mathlouthi a marqué des points précieux dans le classique de Sousse sous le regard des sélectionneurs nationaux Lemerre et Maâloul, il en faudra un peu plus pour déloger Kasraoui qui va sans doute savoir rebondir et défendre, bec et ongles, son statut de dernier rempart chez les Aigles de Carthage. Quand bien même, l’Etoilé aurait acculé son rival espérantiste dans ses derniers retranchements.
S.R.

