Rectifier le tir …





Les Américains ont le tempo en berne. Ils se font du mauvais sang au sujet de la politique étrangère de leur pays et s’inquiètent de plus en plus de la façon dont les Etats-Unis sont perçus à l’étranger. Une récente étude sur l’indice de confiance dans la politique étrangère U.S., publiée par le groupe de réflexion “Public Agenda” et le magazine “Foreign Affairs”, en dit long sur cette psychose collective d’une opinion publique américaine qui donne régulièrement de la voix pour exprimer son mécontentement et sa désapprobation. Un signe qui ne trompe pas : 84% des personnes interrogées s’inquiètent de la tournure des événements   pour les Etats-Unis dans les affaires internationales et 82% estiment que le monde est plus dangereux pour leur pays et les citoyens américains. Plus significatif encore : 3 personnes sur 4 pensent que les USA ne font pas bien leur travail en tant que leader mondial pour créer un monde plus prospère et plus pacifique. Enfin, 59% des sondés ne pensent pas que le gouvernement dise la vérité sur sa politique étrangère, un chiffre en augmentation de 10 points depuis septembre 2006.
Ces statistiques fort édifiantes démontrent si besoin est qu’entre le Sommet et la base au pays de Roosevelt, le courant passe en alternatif pour ne pas dire pas du tout. Une crise de confiance qui se vérifie d’ailleurs sur le terrain de la réalité à travers la longue procession d’erreurs stratégiques commises par l’administration Bush. Dominée par les néo-conservateurs toujours prompts à recourir à la force pour résoudre les conflits internationaux, celle-ci a porté gravement préjudice à l’image des Etats-Unis dans le monde. Une image écornée d’un pays imbu de sa puissance et qui cherche à mener la planète à la baguette au gré de ses desiderata sans se soucier des conséquences tragiques qu’implique de fait cette folie hégémonique sur la stabilité et la paix dans le monde.
On est bien loin en effet de l’image des Etats-Unis de Roosevelt ou de Bill Clinton, entre autres, qui ont marqué leur passage à la tête de l’Exécutif U.S. de la meilleure manière en consacrant une politique étrangère pondérée et modérée et en prenant fait et cause pour les ... causes justes et le droit inaliénable des peuples opprimés pour la liberté et la justice.
La guerre injuste et injustifiée en Irak menée, tambour battant, par l’actuelle équipe au pouvoir sous des prétextes fallacieux au mépris de la légalité internationale et de la désapprobation de l’écrasante majorité de la communauté des nations, a gravement porté préjudice justement à l’image étasunienne dans le monde. La partialité ouvertement déclarée des Etats-Unis à l’égard d’Israël qu’ils soutiennent sans réserve contre et malgré tout, est une autre dérive lourde de conséquences dans ce même registre. La politique du “marche ou crève” privilégiée actuellement par Washington ferme cette marche peu reluisante des Etats-Unis qui s’en trouve fatalement discréditée au double niveau intérieur et international.
En clair, tout n’est pas pour le mieux pour l’Amérique dans le plus instable des mondes. Un monde aux abois qui traîne ses heurts et ses malheurs comme Sisyphe son rocher et qui a rudement besoin de nouveaux repères pour remonter la pente. Les Etats-Unis, dans le cadre d’un nécessaire multilatéralisme, ont certainement un rôle majeur à jouer pour remettre de l’ordre dans le fatras international actuel. L’exemple venant toujours d’en haut, l’Amérique doit nécessairement rectifier le tir pour améliorer ses scores et rétablir son capital confiance auprès des Américains et des citoyens du monde ...


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com