Endettement des ménages : Les logements et les crédits à la consommation en tête de liste





Les ménages tunisiens continuent de céder à la tentation en consommant souvent sans modération. Les dernières statistiques de la Banque centrale révèlent que le logement et les crédits à la consommation restent en tête de liste des priorités de nos concitoyens.


 


Tunis-Le Quotidien


L’endettement des ménages n’est plus un secret pour personne. Les chiffres et les faits confirment en effet que les Tunisiens optent de plus en plus pour les crédits au détriment de leurs capacités de remboursement. Rares sont les ménages qui disposent à la fin du mois de leurs revenus mensuels dans leur totalité.


Ceci est d’autant plus vrai quand on sait que près de 80% des ménages possèdent leurs propres logements acquis généralement au prix d’interminables et fastidieuses formalités administratives. Les prêts octroyés à ce propos s’étalent sur de longues périodes et amputent ainsi les budgets de près de 40% de leur montant global.


Les dernières statistiques de la Banque centrale publiées dans les statistiques financières mentionnent une augmentation sensible des crédits à la consommation. Ceux-ci passent ainsi de 1723 MD en novembre 2005 à 2191 MD en novembre 2006. Le pic a été enregistré durant les mois de juillet et septembre 2006 avec des plafonds respectifs de 2217 MD et 2238 MD. Durant ces deux mois, la consommation des ménages augmentent en raison des exigences des vacances estivales et de la rentrée scolaire.


Les dépenses pour le logement restent les plus élevées en comparaison avec les autres types de crédits. Elles passent ainsi de 2552 MD en novembre 2005 à 2779 MD en novembre 2006.


Il apparaît clairement que les facilités octroyées aux consommateurs les poussent parfois à consommer sans modération et sans discernement. Les petits montants, remboursés parfois sur plus d’une trentaine de mois, sont de plus en plus négligés par les ménages. Mais leurs accumulations posent de véritables problèmes. En effet, les remboursements de quelques dizaines de dinars s’accumulent et finissent par constituer de lourds fardeaux pour les consommateurs et perturbent parfois la bonne gestion de leurs foyers.


La législation bancaire est faite de telle sorte qu’elle évite ce genre de désagrément puisque le montant des remboursements ne devrait pas dépasser 40% du montant du salaire brut. Mais, malheureusement, de ce côté là, le Tunisien a plus d’un tour dans son sac pour contourner les obstacles, quitte à payer lourdement la facture et à grever sévèrement le budget.


 

Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com