Les jeunes et le fatalisme : Ils sont responsables de leurs destins





Certains jeunes flanchent au moindre pépin. D’autres s’accrochent malgré de rudes épreuves. Et entre les uns et les autres, il y a ceux qui passent par des moments d’abandon mais qui finissent toujours par raviver l’espoir. Comment les jeunes procèdent-ils justement ? Sont-ils fatalistes et résignés ou au contraire résolus et déterminés ?


 


Tunis-Le Quotidien


Bon nombre de jeunes ne rencontrent pas de grands obstacles dans leur vie. Ils naissent avec une cuillère en or dans la bouche, dit-on. Pour obtenir quelque chose qui leur tient à cœur, il suffit qu’ils le demandent ! Couvés, chouchoutés et pouponnés dès l’enfance, ils ont rarement l’occasion de faire des efforts. Ils sont éduqués de manière excessivement protectrice ce qui les rend quelque part indolents. En revanche, d’autres jeunes sont rompus à force d’avoir bataillé et ce dès l’enfance. Leur vie est parsemée d’embûches, d’épreuves difficiles et d’obstacles. Les parents les ayant initiés à compter sur leurs propres ressources. Ces jeunes-là savent que le ciel ne fait pas de cadeaux. Pour réaliser leur dessein, ils n’ont qu’un seul moyen : cravacher dur. Toutefois, il arrive que la vie rechigne à sourire à certains. En dépit de leurs efforts et même s’ils bataillent pour et s’accrochent, la vie continue de leur tourner le dos. Ils se retrouvent toujours dans la même situation chaotique et se trouvent contraints de retourner à la case départ pour reprendre le tout depuis le début. S’ils ont du caractère, s’ils ont reçu une éducation équilibrée et s’ils ont les armes qu’il faut, ils continueront à tenir tête et ne lâcheront jamais avant de parvenir à leurs fins. D’autres, en revanche, finissent par baisser les bras. Le fait d’avoir à confronter des problèmes de manière continuelle use l’individu l’affaiblit. Il peut même perdre totalement espoir et croire qu’il ne peut rien contre la fatalité qui s’obstine.


Sofiène, 17ans, ne croit pas trop à la chance et au hasard. Le jeune homme est persuadé que l’homme est capable d’être l’unique maître de son sort. «Certes, certaines choses échappent à notre contrôle. L’on dit que c’est le destin qui en a voulu ainsi, mais à mon sens, nous sommes capables de bousculer ce destin et de le changer à notre guise. Si l’on rencontre plusieurs problèmes ou si un objectif semble être difficile à atteindre, il ne faut pas baisser les bras. Nous ne sommes capables d’avancer dans la vie que si nous nous armons de patience et d’espoir. Je crois parfaitement à l’adage qui dit  “si on veut, on peut“. Il faut dire que tout est une question d’éducation. En bas âge, certains parents encouragent leur enfant et lui donne confiance en lui-même et n’arrêtent pas de lui dire qu’ils sont sûrs qu’il sera capable de faire telle ou telle chose. Cet enfant acquiert confiance en lui-même au fur et à mesure qu’il va grandir. D’autres en revanche, bloquent leurs enfants. Par peur et pour les protéger, ils ne permettront pas à leur enfant de faire certaines choses et iront jusqu’à lui dire qu’il est incapable ou qu’il n’en a pas la capacité. Cette manière de trop couver l’enfant le rend paresseux et indolent et il aura acquis le mauvais réflexe d’être servi sur un plateau sans faire d’efforts ni même essayer. En tout cas moi, j’ai appris à me défendre, à tenir tête devant les obstacles et à toujours essayer d’aller de l’avant. Mes parents m’encourageaient depuis mon plus jeune âge à ne jamais dire: je ne peux pas. Cette phrase est interdite chez nous et je pense que ce sont ces encouragements qui m’ont aidé à m’armer de confiance et de courage. Je ne me souviens pas d’avoir un jour baissé les bras. Je m’accroche au moindre signe d’espoir et je finis toujours par atteindre mes objectifs », dit-il.


Amine, 17ans, est aussi obstiné que son copain. Le jeune homme pense que celui qui ne tente rien n’a rien. Raison pour laquelle, il est redevable de faire des efforts. «Seuls les personnes faibles et sans ressources lâchent prise facilement. Je pense que chaque être humain est enclin à rencontrer des problèmes et celui qui souffre doit absolument tenir bon s’il croit à sa cause. Le fait d’insister et de ne jamais perdre espoir est un signe de force intérieure. Nombreuses personnes disent qu’il faut laisser tomber si quelque chose ne va pas comme on espère. Or Dieu nous incite à prier et à faire des efforts. S’Il sait d’avance que rien ne changera notre destin, Il n’aurait pas demandé aux personnes de faire des efforts et encore moins de prier. Cela dit, je pense que chacun est quelque part responsable de son destin. Mes parents m’ont toujours dit qu’ils ont confiance en moi et qu’ils savent que je suis capable de parvenir à réussir, même s’ils ne sont pas au fond aussi sûrs qu’ils en ont l’air. Et cela m’a toujours incité à aller de l’avant et à avoir confiance en mes capacités. Depuis des années, je vis seul à Tunis et mes parents habitent à Béja et cela m’a appris à ne compter que sur moi-même. J’étudie et je fais partie d’un club de football ici à la capitale et il m’arrive de faire face à des obstacles et à des échecs, mais cela ne me rend qu’encore plus obstiné à réussir», dit-il.


Mohamed Amine, étudiant de 20ans, n’est pas fataliste. En revanche, le jeune homme pense que certaines personnes sont plus chanceuses que d’autres. «Je ne crois pas que l’on doit se résigner devant la soi-disant détermination et le présumé caractère inéluctable des événements. Certes la vie est parsemée d’obstacles et d’embûches. C’est une évidence que nul ne peut nier. Mais c’est à l’homme de faire en sorte que cela cesse. Il est vrai, par ailleurs, que la chance semble être un vrai allié pour certains, mais ceci ne légitime pas que l’on perde espoir et que l’on croit que la poisse nous colle au dos. Il faut tenir bon surtout si l’on croit à notre cause. Il faut faire preuve de beaucoup de lucidité et ne pas attendre que le ciel nous envoie de cadeaux. Les personnes qui travaillent et qui font des efforts finiront un jour ou l’autre par être récompensées. L’essentiel est de ne jamais perdre espoir», dit-il.


Youssef, étudiant de 19ans, n’a pas rencontré de problèmes notoires dans sa vie. Le jeune homme s’estime assez chanceux parce que, jusque-là, il n’a pas eu à faire de grands efforts pour parvenir à ses fins. «Je suis convaincu que chaque être humain ne récolte que ce qu’il a semé. Si des personnes ne réussissent pas, c’est qu’elles ont dû manquer à leurs devoirs. Si on travaille, on réussit. Mais je reconnais que certains ne font qu’un effort minime et finissent par atteindre leur objectif. Le fait de tenir bon et de ne pas baisser facilement les armes est un signe de force. Si on persiste à vouloir quelque chose, on finira par l’avoir. Moi, je pense être assez chanceux. D’abord mes parents sont toujours là pour m’épauler et me soutenir, en plus je n’ai pas eu à faire des efforts parce que je n’ai pas été vraiment contrarié, Dieu merci. Mais cette chance peut un jour se retourner contre moi et c’est justement la raison pour laquelle je dis qu’il faut toujours tenir à ses objectifs sans jamais perdre espoir», dit-il.


 


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com