Deux ans avant la fin de la présidence Bush : La Maison Blanche vacille…





Les temps sont durs non seulement pour le président américain George W. Bush mais pour le cercle  de ses proches, dont le ministre de la Justice Alberto Gonzales et le président de la Banque mondiale Paul Wolfowitz.


 


Le Quotidien - Agences


Le ministre de la Justice, Alberto Gonzales, continuait hier de faire face de toutes parts aux appels à la démission, suite à l'éviction de huit procureurs fédéraux au cours des derniers mois.


Derrière lui, l'éminence grise de  Bush, Karl Rove, absorbe l'animosité des démocrates et de tous les détracteurs des politiques et des pratiques de l'administration.


Le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, n'est pas mieux loti et s'accroche à son siège depuis la révélation d'une augmentation de 200.000 dollars octroyée à sa compagne et employée de l'institution financière.


Wolfowitz est l'un des principaux concepteurs de la doctrine Bush mise en œuvre dans la guerre en Irak, il ne fait plus partie de l'administration depuis 2005.


John Bolton, chasseur d'armes de destruction massive que les Américains n'ont jamais trouvées en Irak, n'est plus l'ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies.


"Dans un sens, oui", la maison Bush s'écroule peu à peu deux ans avant la fin de la présidence, sous les coups de ses ennemis irakiens et de ses adversaires démocrates, estime l'expert politique Eric Davis.


Le ministre de la Justice est accusé d'avoir œuvré à une purge de hauts magistrats pour des raisons politiques, puis d'avoir lamentablement failli dans ses explications.


Le renvoi des procureurs n'est que l'un des scandales pour lesquels les adversaires de la Maison Blanche voudraient voir Karl Rove rendre des comptes.


Mais Bush a maintenu jusqu’au bout ou continue de maintenir sa confiance à ses fidèles, ceux qu'on surnomme les "Bushies". La loyauté à Donald Rumsfeld alors que l'Irak était menacé de chaos lui a valu tantôt l'estime, tantôt la réprobation, jusque dans le camp républicain.


 


Ironie


Le Washington Post décelait une autre similitude: "Le sujet du jour, c'est la crédibilité (...) Faut-il croire ces trois fidèles de Bush (Rove, Wolfowitz, Gonzales) quand ils nous disent que la pluie tombe vers le bas et ne remonte pas vers le haut, ou vaut-il mieux regarder par la fenêtre pour en être sûr ?"


L'administration a perdu une grande partie de son crédit national et international dans la guerre en Irak, conviennent les experts.


Quand Wolfowitz et Bolton ont été placés à la Banque mondiale et aux Nations unies, Bush a fait face aux protestations de ceux qui, aux Etats-Unis et dans le monde, voyaient là une marque du mépris américain pour la concertation internationale.


Le New York Times analysait qu'au cœur de la querelle Wolfowitz se trouvaient "les relations tumultueuses" de Bush "avec le reste du monde".


Mais il discernait aussi une volonté des autres administrateurs de "régler leurs comptes".


Pour Bolton, Bush avait tenté un nouveau forcing pour le maintenir à l'ONU. Mais ses adversaires démocrates sont désormais majoritaires au Congrès et n'auraient probablement pas validé sa nomination. Bush a donc reculé.


Dans l'administration, la balance semble en maintes circonstances pencher désormais plutôt du côté des pragmatiques. Et, pour l'expert Eric Davis, ces hommes paient d'avoir "trop pensé à soutenir Bush et pas assez à ce qui était juste".


L'Irak n'a fait qu'aggraver les choses: "Les difficultés de Bush en Irak encouragent les démocrates au Sénat à s'en prendre à Gonzales".


Au bout du compte, dit-il, l'Irak reste le critère discriminant: "Dans cinq ou dix ans, quand les gens parleront de George W. Bush, ils penseront à l'Irak, pas à Alberto Gonzales, Paul Wolfowitz ou Karl Rove".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com