Tout en accusant le gouvernement de dissimulation : L’ONU dresse un tableau sombre de la situation en Irak





La Mission d'assistance des Nations unies pour l'Irak a brossé, dans un rapport rendu public hier, un tableau sombre de la situation humanitaire dans ce pays et accuse le gouvernement de bloquer l’accès aux chiffres des victimes.


 


Le Quotidien - Agences


La Mission d'assistance des Nations unies pour l'Irak (Unami) a reproché hier au gouvernement irakien de bloquer l'accès aux chiffres sur les victimes de la guerre au premier trimestre.


Le Premier ministre Nouri Al-Maliki a cessé de communiquer des chiffres et accusé les Nations unies d'exagérer ses évaluations dans un précédent rapport, a affirmé l'Unami, lors de la présentation de son rapport trimestriel à Bagdad.


Dans un précédent rapport daté du 16 janvier, l'Unami avait fait état de plus de 34.400 morts en 2006 dans les violences quotidiennes qui ravagent l'Irak.


"Le bureau du Premier ministre a indiqué à l'Unami que les chiffres des morts contenus dans le rapport étaient exagérés, bien qu'ils aient été en fait établis et fournis par un ministère", a expliqué l'organisation.


Les chiffres publiés dans le rapport de janvier étaient basés sur des informations communiquées par différents ministères irakiens, notamment le ministère de la Santé, affirme l'Unami.


Cette dernière a regretté hier l’attitude du gouvernement: "il est problématique et regrettable que le gouvernement n'ait pas permis à l'Unami d'accéder aux chiffres du ministère de la Santé sur le nombre de morts au cours de la période du rapport", de janvier à mars.


"L'Unami insiste à nouveau sur l'important besoin de transparence de la part du gouvernement irakien et n'accepte pas la suggestion du gouvernement selon laquelle l'Unami a utilisé de manière inappropriée des chiffres sur la mortalité", souligne l'organisation dans son rapport du premier trimestre 2007.


Les autorités irakiennes et américaines affirment que le nombre de morts civils dans les violences confessionnelles en Irak est en baisse depuis le lancement le 14 février du plan de sécurisation de Bagdad, sans toutefois publier de chiffre. 


 


Des chiffres alarmants


Accentuant l’attaque contre le gouvernement irakien et la coalition le rapport précise par ailleurs qu’au moins 37.641 personnes étaient détenues dans des prisons irakiennes et américaines en Irak à la fin mars, ajoute l’Unami qui se dit préoccupée par leur sort.


Citant des chiffres du ministère des Droits de l'Homme, l'Unami affirme que 3.000 d'entre eux sont détenus depuis la mise en place du plan de sécurisation de Bagdad le 14 février alors que 17.898 personnes sont aux mains des forces de la coalition dirigées par les Etats-Unis, depuis l'invasion américaine en 2003.


Quelque 9.965 détenus sont placés sous l'autorité du ministère irakien de la Justice, 5.573 sous celle du ministère de l'Intérieur, 1.525 du ministère de la Défense, 502 du ministère du Travail et des Affaires sociales, tandis que 2.178 personnes sont détenues au Kurdistan irakien.


L'Unami exprime sa préoccupation sur le sort des détenus, en raison des mesures d'urgence de ce plan ne contenant aucune garantie explicite des droits des personnes incarcérées.


Ces mesures "autorisent plutôt des interpellations sans mandat d'arrêt et des interrogatoires de suspects sans limite de temps pour la détention provisoire", selon le rapport.


L'Unami critique aussi les forces de la coalition pour leur pratiques de "maintien en détention sans limite" de milliers de personnes incarcérées pendant de longues périodes sans chef d'inculpation ni procès.


Sur un autre plan, plus de 700.000 Irakiens ont fui leur domicile en raison des violences confessionnelles en forte hausse depuis le dynamitage d'un mausolée chiîte il y a un peu plus d'un an, selon le rapport.


"Quelque 117.901 familles ou une estimation de 707.000 personnes ont été forcées de quitter leur domicile en raison des violences confessionnelles depuis le 22 février 2007", affirme l'Unami.


En outre, jusqu'à huit millions d'Irakiens sont dans une position "vulnérable" et ont besoin d'une assistance immédiate.

"Au total 1,9 million sont déplacés dans le pays et quatre millions seraient très vulnérables en raison de l'insécurité alimentaire", affirme le rapport, ajoutant que les régions du centre et du sud du pays étaient les plus touchées.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com